Alpes-Maritimes: Le cinéma du conseil départemental déprogramme un film sur le loup

POLÉMIQUE La Gueule du loup, qui traite de la problématique du retour du loup en France, devait y être projeté dès ce dimanche…

Fabien Binacchi

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Le cinéma Mercury, à Nice, est géré par le conseil départemental des Alpes-Maritimes.
Le cinéma Mercury, à Nice, est géré par le conseil départemental des Alpes-Maritimes. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Il devait même y être projeté en avant-première, ce dimanche 6 mars, avant la sortie nationale prévue mercredi prochain. Le cinéma niçois le Mercury, propriété du département des Alpes-Maritimes, a finalement décidé de rayer La Gueule du loup de sa programmation.

« L’exploitant de la salle, enthousiaste sur le film, nous apprend qu’il doit déprogrammer ce film en raison d’une injonction du conseil [départemental] », s’insurge la société de distribution ZED, dans un communiqué.

L'affiche du film La gueule du loup
L'affiche du film La gueule du loup - ZED distribution

Un « sujet sensible dans la région »

Selon elle, le pitch du film, signé Jérôme Ségur, pourrait avoir motivé cette décision. C’est l’histoire des hommes qui ont vu le loup et qui se querellent à son propos. Lumière du progrès ou retour à l’obscurité des temps anciens ? Le loup est-il l’ange - ou le démon - annonciateur d’un nouveau monde globalisé plutôt qu’une renaissance de la vie sauvage ?

Mais, « si cela était la crainte d’un éventuel trouble à l’ordre public provoqué par des débordements sur ce sujet sensible dans la région, elle n’est pas fondée », avance la société de distribution. « Il s’avère que nous avons déjà organisé des projections à l’automne dans des salles où pro et anti loups ont pu dialoguer grâce à ce film qui donne la parole à chacun avec sincérité et est un appel au vivre ensemble », poursuit-elle.

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Il ne correspond pas aux « formats projetés d’habitude », répond la collectivité

« Le film reçoit un bon accueil dans les deux camps, que ce soit du côté des défenseurs du prédateur ou du côté des éleveurs et d’associations comme Eleveurs et Montagnes. Tous s’accordent à dire que le film […] met en place avec impartialité la problématique du retour du loup en France », explique encore l’entreprise ZED.

Interrogé par 20 ​Minutes, le conseil départemental des Alpes-Maritimes répond simplement que le long-métrage « ne correspond pas aux formats projetés au Mercury, qui diffuse plutôt des films d’auteur et d’anciens films qui ne sont plus à l’affiche dans les salles traditionnelles ».

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