Nice: En grève pour leur temps de travail, les pompiers azuréens perturbent l'A8

MANIFESTATION Des pneus ont été enflammés sur l'autoroute, entre Nice et Saint-Laurent-du-Var...

Fabien Binacchi

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Illustration: un pompier français.
Illustration: un pompier français. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Prise d’assaut par les sapeurs-pompiers, l’A8 a dû être fermée près d’une heure ce lundi matin. A l’appel de la Fédération autonome SPP-FATS, plusieurs centaines de soldats du feu des Alpes-Maritimes ont manifesté en tenue sur les voies de l’autoroute, entre Nice et Saint-Laurent-du-Var, pour dénoncer la « désorganisation » de leur temps de travail.

 

Les pompiers manifestent sur l'A8 à Nice ... Gros bouchons depuis 10h30. La situation revient peu à peu à la normale ...

Posté par France 3 Côte d'Azur sur lundi 22 février 2016

 

Le rassemblement a bloqué la circulation dans les deux sens, puis seulement en direction de l’Italie. Des pneus ont été enflammés en plusieurs endroits, sur le terre-plein central de l’autoroute. Interrompu à 11 h 36, le trafic a pu reprendre vers 12 h 20. Des perturbations étaient toujours enregistrées par Vinci autoroutes en milieu de journée.

Un bras de fer entre les pompiers et la préfecture

Le cortège a débordé du parcours déclaré en préfecture, selon elle. « Il appartiendra au procureur de la République de décider des suites qu’il jugerait pertinentes de donner quant à l’entrave à la circulation », pointait la préfecture en fin de matinée.

Le bras de fer entre les pompiers et les services de l’Etat dans le département s’est donc durci ce lundi matin. Il dure depuis mars 2014. En cause : le temps de travail et le régime de garde, modifié par le Service départemental d’incendie et de secours des Alpes-Maritimes.

Deux délibérations sur leur temps de travail annulées par la justice

« Le préfet estime que les sapeurs-pompiers professionnels doivent travailler 94 gardes par an, soit 2.256 heures par an, le maximum autorisé par la réglementation française et européenne, empêchant tout temps de travail supplémentaire et désorganisant totalement le droit aux congés annuels », peste le syndicat dans un communiqué.

Des pneus ont également été brûlés aux portes de la préfecture des Alpes-Mairitmes. Cette dernière rappelle de son côté que « la cour administrative d’appel de Marseille a confirmé l’annulation [décidée en première instance par le tribunal administratif de Nice] de deux délibérations du conseil d’administration du Sdis, du 13 mars 2014 et du 11 juillet 2014, [ayant] essentiellement pour objet de réduire de 10 % le temps de travail des SPP des Alpes-Maritimes. »

« Il appartient au CA du SDIS de décider soit un retour à la délibération d’origine, soit une nouvelle délibération qui respecte la réglementation », précise-t-elle.