Garde à vue du président des Ultras niçois: le PS dénonce un «zèle excessif»

FOOTBALL Un conseiller régional FN évoque également un « traitement disproportionné »…

Fabien Binacchi

— 

Les supporters niçois, lors du match de L1 contre Monaco, le 3 décembre 2013 à Nice (rchives)
Les supporters niçois, lors du match de L1 contre Monaco, le 3 décembre 2013 à Nice (rchives) — VALERY HACHE / AFP

Le placement en garde à vue du patron des Ultras niçois, mercredi, ne les a pas laissés indifférents. Comme de nombreux supporters, mobilisés sur les réseaux sociaux, des élus sont montés au créneau après l’interrogatoire de Frédéric Braquet pour « participation au maintien d’une organisation dissoute ».

>> A lire aussi : La BSN réapparaît, le président de la Populaire Sud en garde à vue

Xavier Garcia, le premier secrétaire du PS 06, a dénoncé, ce jeudi dans un communiqué, « le zèle excessif des autorités ». La garde à vue du responsable de la Populaire Sud intervenant à la suite d’un tifo géant, dimanche soir à l’Allianz riviera, laissant apparaître les lettres « BSN », du nom de l’association depuis dissoute et interdite.

Une mesure qui « apparaît disproportionnée au regard des faits reprochés » et « d’autant plus difficilement compréhensible que depuis le déménagement à l’Allianz Riviera, les incidents impliquant les supporters ultras niçois ont été peu nombreux », juge le socialiste.

« Associer les groupes de supporters à la sécurisation plutôt que de les poursuivre »

« Ce zèle excessif risque au contraire de radicaliser une frange des supporters contre les autorités alors que les responsables de la Populaire font de leur mieux pour animer un stade qui est le plus souvent à moitié vide tout en contenant les débordements, avance encore le responsable politique. Par les temps qui courent, il conviendrait d’associer les groupes de supporters à la sécurisation du stade plutôt que de les poursuivre au moindre écart. En l’occurrence, un simple rappel à la loi aurait à mon sens largement suffi. »

Le conseiller régional FN Philippe Vardon parle, lui aussi d’un « traitement disproportionné ». « Un président d’association que l’on va chercher sur son lieu de travail, une perquisition dans une boutique, tout cela pour une banderole se remémorant simplement les initiales qui ont marqué près de trois décennies de football à Nice, je ne suis pas tout à fait certain que la priorité judiciaire soit de traiter les ultras comme des criminels ou des terroristes », avance l’élu.

Le responsable des Ultras a été laissé libre mercredi soir

« Une enquête est en cours suite à des événements qui se sont déroulés dimanche à l’Allianz riviera, lors du match Nice-Marseille, indiquait mercredi Marcel Authier, le directeur départemental de la sécurité publique. Un signe distinctif de la BSN, une association interdite et dissoute, a été montré pendant la rencontre. Et c’est un délit. »

>> A lire aussi : Carton rouge pour la brigade sud, dissoute par décret

Plusieurs perquisitions, notamment dans la boutique des Ultras Populaire Sud ont également été menées mercredi. Après plusieurs heures de garde à vue, Frédéric Braquet était laissé libre en début de soirée.