Nice: La gestion d'Estrosi essuie les critiques de la chambre régionale des comptes

FINANCES L'institution pointe notamment des primes versées « en toute irrégularité »...

F.B. avec AFP

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Christian Estrosi, à Nice, le 15 décembre 2015
Christian Estrosi, à Nice, le 15 décembre 2015 — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Elle s’inquiète de la situation financière « préoccupante » de la cinquième ville de France. Dans un rapport rendu public vendredi, la chambre régionale des comptes (CRC) de PACA critique certains aspects de la gestion du maire de Nice, Christian Estrosi (Les Républicains).

Les auteurs de la synthèse s’alarment de la fonte de la marge de manœuvre budgétaire de la commune, étranglée par la baisse des dotations de l’Etat, le coût des investissements (notamment le nouveau stade), sur la période étudiée, de 2008 à 2014.

Selon la CRC, la situation financière de la ville risque encore d’empirer

Elle pointe notamment la progression de la dette, passé de 367 millions d’euros à plus de 500 millions d’euros fin 2014. L’augmentation des impôts, jusqu’en 2009, « n’a pas permis à la commune de maintenir une situation financière saine », relève ainsi la chambre régionale des comptes. La santé budgétaire de la commune risque encore d’empirer jusqu’en 2020, selon la CRC. De plus en plus de ressources financières devant être consacrées à éponger les dettes passées.

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La juridiction administrative s’inquiète également de la masse salariale de la ville de Nice, source de préoccupation malgré les réductions d’effectifs et les mutualisations avec la métropole Nice Côte d’Azur, également gérée par Christian Estrosi, nouveau président de la région Paca. Concernant les ressources humaines, justement, l’institution pointe notamment « plusieurs irrégularités ».

« La commune, qui procède au paiement d’heures supplémentaires aux agents, n’a pas mis en place de système automatisé de contrôle du temps de travail, ainsi qu’elle en avait l’obligation » et « n’est ainsi nullement en mesure de vérifier le temps de travail réellement effectué par les agents », avance-t-elle dans ses conclusions.

Des primes aux agents qui « ne reposent sur aucun fondement légal »

« De nombreuses primes anciennes ne reposent sur aucun fondement légal », écrit la CRC, à propos notamment de « primes de vacances », de « primes de théâtre » ou encore de « primes de départ en retraite » versées « en toute irrégularité ».

Elle poursuit en expliquant que « la commune accorde aux agents qui partent en retraite, un "congé libérable" de deux mois pour leur "permettre (…) de prendre conscience de leur nouveau statut" de futur retraité », un temps pendant lesquels les agents n’occupent par de poste et qui coûte à la ville « l’équivalent de plus de 20 emplois à temps plein ».

La ville, elle, considère, au contraire « que sa situation financière n’est pas préoccupante », pointant, dans une réponse annexée au rapport, l’effet délétère des baisses de dotations financière décidées par le gouvernement.

« Un certain nombre de mesures correctrices » ont été prises qui ont produit leur effets en 2015 et le feront encore davantage cette année, a précisé le premier adjoint au maire, Philippe Pradal.