Nice: Près de 400 personnes manifestent pour sauver le loup

ENVIRONNEMENT Dans les Alpes-Maritimes, quatorze loups ont été abattus depuis juillet 2015…

Mathilde Frénois

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A Nice, les pro-loup se sont réunis pour lutter contre leur « éradication ».
A Nice, les pro-loup se sont réunis pour lutter contre leur « éradication ». — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Ce dimanche matin, une meute a envahi la place Masséna de Nice. Masques sur le visage, 400 personnes ont manifesté « contre le massacre des loups ».

En 2015, quatorze bêtes ont été abattues dans les Alpes-Maritimes dans le cadre des quotas fixés par le gouvernement. Quotas contre lesquels Sébastien Valembois, président de l’association Green, à l’origine du mouvement niçois, s’élève : « Je dénonce cette destruction en masse. La ministre de l’Environnement Ségolène Royal prépare un nouvel arrêté pour tuer encore six loups. Et après ? Il faut que ce massacre cesse. »

 

400 personnes manifestaient ce dimanche entre la place Masséna et le palais de justice de Nice. - M. Frénois/ANP/20 Minutes

 

« Laisser vivre nos loups »

En fin de matinée, les pro-loups se sont rendus jusqu’au Palais de justice. Son chien de berger en laisse, Christine insiste : « On n’a pas besoin d’éradiquer une race avec laquelle on a coexisté pendant des centaines d’années », dit-elle en tenant sa banderole barrée d’un « Laisser vivre nos loups ».

« Il y a des solutions pour que tout le monde cohabite, soutient Sébastien Valembois. Il faut renforcer la présence humaine. Il existe aussi les clôtures électrifiées, les chiens bergers, les lumières aveuglantes ou les balles en caoutchouc. »

« Toute la meute destabilisée »

Les véritables tirs létaux, les manifestants ne veulent pas en entendre parler. « Le loup est une espèce protégée, martèle Daniel Narcy, militant écologiste et membre actif de Green. Lorsque l’on tue une louve, ses louveteaux meurent. Eux n’entrent pas dans les quotas. C’est toute la meute qui est déstabilisée. »

 

Les manifestants derrière leurs masques loup. - M. Frénois/ANP/20 Minutes

 

De leur côté, le nombre d’ovins tués dans les Alpes-Maritimes a grimpé de 20 % en 2015. Jusqu’au 8 septembre, « nous comptabilisions 591 attaques et 2 320 bêtes victimes », indiquait à 20 Minutes la sous-préfète Nice-Montagne du département Véronique Laurent-Albesa.

Depuis le 1er juillet 2015, 34 Canis lupus ont été abattus au niveau national, dont quatorze dans les seules Alpes-Maritimes. Un arrêté interministériel fixe un quota de 36 loups pouvant être prélevés sur la période 2015-2016. Il est donc possible d’éradiquer encore deux bêtes. Mais, depuis le 24 décembre 2015, les tirs de prélèvement de loups sont abrogés, la marge restante étant destinée à la défense des éleveurs en cas d’attaque de leur troupeau.