Nice: Des récifs imprimés en 3D pour faire revenir les poissons

INNOVATION Le laboratoire niçois Ecomers espère repeupler les fonds marins…

Mathilde Frénois

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L’imprimante 3D finalise le récif.
L’imprimante 3D finalise le récif. — Patrice Francour

Après les maisons et les prothèses de main, l’imprimante 3D créé désormais des récifs marins en sable. Une première mondiale financée par la principauté de Monaco et développée grâce à un partenariat entre le laboratoire Ecomers de l’université de Nice et la société néerlandaise Boskalis. « L’objectif de ces nouveaux récifs artificiels est la reconstruction des populations de poissons comme le sar ou le mérou », explique Patrice Francour, directeur d’Ecomers. Jusqu’à présent, ils sont construits en béton. L’imprimante 3D, elle, utilise un mélange de sable et d’oxyde de manganèse. « On utilise un produit 100 % naturel alors que le béton est chimique. Cette nouvelle technique est plus écologique », précise-t-il.

S’approcher du milieu naturel

Mais le principal avantage du récif créé avec une imprimante 3D, c’est sa forme. « Ceux en béton sont contraints par les techniques de fabrication. Le béton est coulé en forme simple ou est récupéré », explique Patrice Francourt. Or, le milieu naturel est complexe. Les trous, bosses et creux permettent à la faune et à la flore de s’y implanter. Des aspérités détruites par l’activité humaine. « Avec l’imprimante 3D, on est capable de recréer n’importe quelle forme, pointe Patrick Francourt. Plus elles sont complexes, mieux c’est. En espérant avoir créer un module qui ressemble le plus possible à l’environnement. » Actuellement en phase de séchage, ces récifs 2.0 seront immergés au large de Monaco « au printemps ou cet été », assure-t-il. Le laboratoire niçois gère le projet, du design au suivi scientifique. Si de l’immersion en mer résulte une colonisation des récifs, Patrice Francourt espère sortir cette innovation de son stade expérimental pour le démocratiser sur le littoral azuréen.

Six modules prévus

Pour l’instant, l’imprimante 3D n’a fabriqué qu’un seul récif. « A terme, six modules seront mis en place au large de Monaco », précise le directeur du laboratoire Ecomers Patrice Francour.