État d'urgence: La justice maintient un gérant de snack niçois assigné à résidence

TERRORISME Il participerait à la « radicalisation de jeunes volontaires pour le djihad », selon la préfecture…

Fabien Binacchi

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Motards de la police nationale. (illustration)
Motards de la police nationale. (illustration) — Gilles Varela

Malgré sa contestation, l’arrêté préfectoral reste en vigueur. Le gérant de deux snacks niçois, soupçonné de radicalisation, demeure assigné à résidence, le tribunal administratif de Nice ayant en effet rejeté sa demande, ce mercredi.

Dans le cadre de l’état d’urgence instauré suite aux attentats à Paris, le 13 novembre, cet homme avait fait l’objet d’une assignation à résidence motivée, selon la préfecture des Alpes-Maritimes, par sa participation « à la radicalisation de jeunes volontaires pour le djihad armé en Syrie » et le fait qu’il « est en relation avec le responsable d’une katibat ».

Cogérant « d’un haut lieu du salafisme niçois »

De plus, l’individu est le « cogérant d’un établissement reconnu comme étant un haut lieu du salafisme niçois », depuis perquisitionné et fermé par les services de l’Etat, justifient-ils. Devant la juridiction, l’homme n’a pas contesté avoir permis à un de ses « voisins », « connu pour être l’un des principaux recruteurs français de jihadistes et depuis décédé en Syrie", de bénéficier d’un service de semi-liberté, en lui procurant une promesse d’embauche de complaisance. Il s’est en revanche défendu en indiquant que cet individu « exerçait une emprise menaçante » dans son quartier.

Déjà condamné pour avoir menacé un « mauvais musulman » selon lui

Le tribunal administratif de Nice a tenu compte dans sa décision d’une précédente condamnation du gérant de snacks. En janvier 2015, il avait écopé d’une condamnation à six mois de prison avec sursis pour avoir menacé un boulanger, « mauvais musulman », selon lui, car il vendait des sandwichs au jambon et de l’alcool.

Depuis le début de l’état d’urgence, six assignations à résidence, 50 perquisitions à domicile et six restrictions de liberté d’aller et venir, ont été ordonnées par la préfecture des Alpes-Maritimes. Quatre perquisitions de lieux de cultes clandestins, depuis fermés, ont également été menées. Sept établissements commerciaux ont aussi été contrôlés, dont quatre sont sous le coup d’un arrêté de fermeture administrative.