Nice: Des consultations dédiées à la prévention de l'infection au VIH

SANTÉ Le département des Alpes-Maritimes est le plus sévèrement touché par l'épidémie de VIH…

Mathilde Frénois

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A terme, le Truvada  sera mis en place lors de ces nouvelles consultations auCHU de Nice.
A terme, le Truvada sera mis en place lors de ces nouvelles consultations auCHU de Nice. — Jeff Chiu/AP/SIPA

La prévention du virus du sida se renforce à Nice. A partir de jeudi, « des consultations préventives seront mises en place à l’hôpital de l’Archet 1 », annonce Eric Cua, médecin spécialiste des maladies infectieuses. Des consultations exclusivement dédiées à la prévention de l’infection au VIH et des infections sexuellement transmissibles (IST). Après l’hôpital Saint-Louis à Paris, Nice est la deuxième ville à accueillir ce dispositif.

L’ouverture de ce centre de consultations s’inscrit dans un contexte particulier. Le CHU de Nice est l’un des cinq centres investigateurs de l’essai Ipergay en France et au Canada. Une étude qui montre qu’avec la prise de deux comprimés de Truvada avant une relation sexuelle, puis une le lendemain et une autre le surlendemain, le risque de contracter le virus du sida est diminué de 86 %.

Quarante Niçois ont participé à l’essai

Depuis plus de deux ans, l’Archet participe à l’essai Ipergay financé par l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS). « A Nice, 40 personnes ont été prises en charge. La moitié bénéficiaient du médicament. L’autre d’un placebo, détaille le Pr Eric Cua. Il n’y a eu aucune infection. » A partir d’octobre 2014, l’essai est arrêté au vu de son efficacité. Désormais, tous les patients sont sous Truvada. « Là, nous avons eu un seul cas de contamination au VIH car la personne avait arrêté le traitement », précise-t-il.

Ce traitement préventif sera mis en place lors de ces nouvelles consultations. Mais Eric Cua met un point d’honneur à travailler main dans la main avec l’association Aides avec le même objectif : « La logique est la prévention. Il ne faut pas opposer préservatif et traitement pré-exposition. Ils n’ont pas la même temporalité. Ils se complètent », insiste Vincent Pechenot, chargé de projet Aides à Nice.

Le département avec le plus de nouveaux cas cette année

Dans le département le plus sévèrement touché par l’épidémie de VIH (avec 131 nouvelles contaminations cette année), Eric Cua est convaincu que ces consultations auront un double intérêt : « Réduire le risque d’infection au VIH des personnes » et « permettre, grâce à un suivi médical accru, un bénéfice de santé au niveau global », estime-t-il.