Nice: Des anciens d'IBM offrent une seconde vie aux ordinateurs

INITIATIVE Une entreprise antiboise, couplée avec une association, remet à neuf du matériel informatique d’occasion…

Mathilde Frénois

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Benylyn, salariée d'Actif Azur, rénove un ordinateur portable.
Benylyn, salariée d'Actif Azur, rénove un ordinateur portable. — M. Frénois

C’est un petit hangar où s’amoncellent des ordinateurs, écrans, tours et portables. Dans la zone des Trois Moulins à Antibes, Actif Azur récolte, répare puis revend du matériel informatique.

Créée en 1998 par des anciens salariés du géant informatique IBM, Actif Azur est une association qui lutte contre la fracture numérique mais aussi une entreprise d’insertion professionnelle.

De 80 à 500 euros pour un PC

D’un côté, c’est l’ancien parc informatique des entreprises des Alpes-Maritimes et du Var qui est récolté. « En récupérant les vieux ordinateurs, on leur enlève une épine du pied. Grâce à nous, elles n’ont plus à gérer le coût de leurs déchets », explique Virginie Jacquet, directrice d’Actif Azur, en insistant sur l’aspect écologique de cette démarche. De l’autre, l’entreprise revend ces ordinateurs moitié prix. « On est à 80 euros pour un ancien modèle, et à 500 euros pour du haut de gamme, détaille-t-elle en déambulant dans les rayons de la petite boutique. Cela convient aussi bien à une association qui veut s’informatiser qu’à un collégien qui n’a pas les moyens de s’équiper. »

Utilisés pendant trois ou quatre ans dans les entreprises, ils font l’objet d’un check-up intégral. Disque dur, écran, clavier… dix salariés en insertion professionnelle s’emploient à effacer les données puis à donner un coup de jeune aux ordinateurs. « L’objectif est d’utiliser l’activité informatique pour créer des emplois. C’est le pilier social de l’entreprise », note Virginie Jacquet.

1.500 ordinateurs remis sur pied chaque année

Benylyn s’affaire au fond de l’atelier. Posé devant elle, un PC. Dans sa main, les touches du clavier. « Je suis en train d’enlever les poussières pour qu’il soit comme neuf », explique-t-elle. Ingénieure aux Philippines, la jeune femme a eu du mal à trouver un travail en France. Depuis six mois, elle bénéficie d’un contrat aidé au sein d’Actif Azur. « Ce qui me plaît le plus, c’est le challenge. Tous les ordinateurs sont différents et il faut les réparer », explique Benylyn qui passe en moyenne trois heures pour rénover une machine. La jeune femme pourra rester au maximum deux ans à Actif Azur, ensuite il lui faudra trouver un autre emploi.

Chaque année, ce sont près de 1.500 ordinateurs qui démarrent une seconde vie en compagnie d’un nouveau propriétaire grâce à la rénovation d’Actif Azur.