Nice: Un chantier déloge des hérissons, les riverains se mobilisent

INSOLITE L’association Green tente de déplacer ces petites bêtes pour qu’elles ne subissent pas ce grand projet immobilier…

Mathilde Frénois

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Au 1 rue Léo Imbert à Nice vit une tribu de hérissons.
Au 1 rue Léo Imbert à Nice vit une tribu de hérissons. — M. Frénois

Les hérissons et les 97 logements. Loin d’être le titre d’une fable de La Fontaine, c’est l’histoire d’une douzaine de hérissons qui a élu domicile au 1 avenue Léo Imbert. C’est également à cette adresse que des travaux doivent débuter.

En août dernier, une riveraine découvre l’existence de ces boules de pics. Quand elle apprend qu’un immeuble sera construit où vit la tribu, elle alerte immédiatement l’association Green. « Le hérisson est une espèce protégée en voie de disparition, déplore Sébastien Valembois, président de l’association. Il y a 50 ans, 30 millions d’entre eux vivaient en France, aujourd’hui ils ne sont plus qu’un million. Le danger principal est la route. Vient ensuite l’urbanisme car ils ont du mal à trouver un habitat. »

Une cinquantaine de hérissons ont été repérés sur les deux quartiers étudiés. - CHAMUSSY / SIPA

Avant l'hibernation

Préoccupé par le sort de ces noctambules, il lance une pétition sur Internet. « On a récolté 2.000 signatures en un week-end », se réjouit Sébastien Valembois. Fort de cette mobilisation citoyenne, l’association Green demande la possibilité d’intervenir sur le terrain. Non pour stopper la construction, mais pour déplacer les animaux avant leur hibernation. Permission que les militants mettront près de deux mois à obtenir. « Ce n’est qu’une question de temps. Les propriétaires du terrain étaient à l’étranger et leur accord est nécessaire, explique Nadia Badie, responsable commerciale du groupe Gambetta. Concernant la cause animale, il n’y a aucune polémique de notre côté. Maintenant, on attend qu’ils viennent les récupérer pour débuter les travaux. »

Déplacés dans des jardins

La petite tribu sera capturée cette semaine, puis « passera l’hiver dans un sanctuaire à hérissons. Au printemps, ils seront enfin déplacés dans l’arrière-pays ou dans des jardins », envisage Sébastien Valembois.

Dans le quartier, les riverains se sont attachés à la présence de ces petites bêtes, même si la plupart ignorait leur existence. Difficile d’observer ces animaux qui vivent essentiellement la nuit. « Je préférais les hérissons qu’un bâtiment. C’est rigolo des hérissons. Et puis ça nous faisait un petit coin de nature au centre de Nice. A la place on aura un immeuble », regrette Gérard, voisin de la future résidence. Ça, c’est une autre histoire.