Alpes-Maritimes: Dernier lâcher de Gypaètes barbus à la frontière italienne

Nature Lancées en 1986, ces opérations de réintroduction dans les Alpes du Sud sont un succès...

Fabien Binacchi

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Les deux poussins, montés à dos d’homme, ont été installés dans leur grotte.
Les deux poussins, montés à dos d’homme, ont été installés dans leur grotte. — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

D’ici trois semaines, Roman et Herculis devraient prendre leur envol. Ces deux « poussins » de 6 kg chacun, installés dans un nid à près de 1.600 m d’altitude samedi en Italie, à quelques battements d’ailes du parc national du Mercantour, sont les derniers d’une longue série.

Ils complètent une opération de réintroduction des Gypaètes barbus dans les Alpes du Sud lancée il y a près de 30 ans et financée depuis 2005 par la Fondation Albert II de Monaco.

Ces vautours, considérés comme les plus grands rapaces d’Europe, avaient disparu des sommets azuréens en 1913, victimes de la chasse et d’empoisonnements accidentels.

Surveillés pendant trois mois

Après plusieurs opérations similaires dans le Mercantour (notamment en 2013), ce dernier lâcher a été suivi par des dizaines de passionnés à San-Giacomo-di-Entraque, dans la région du Piémont, où les derniers - longs - mètres des oisillons vers leur refuge se sont faits à dos d’homme.

Postés à distance de leur tanière, des ornithologues surveilleront leur acclimatation pendant près de trois mois. Les deux jeunes Gypaètes avaient d’abord voyagé deux jours par la route, depuis le zoo d’Ostrava, en République tchèque.

« Trois couples sont déjà bien installés dans le Mercantour. Et sur toute la zone des Alpes transfrontalières, 33 paires se reproduisent, s’est félicité José Tavares, directeur de la Fondation pour la sauvegarde des vautours, qui coordonne l’opération. La croissance démographique de la population de Gypaètes est aujourd’hui très satisfaisante dans les Alpes du Sud. »

Un « nettoyeur » qui s’attaque aux carcasses

L’ONG devrait désormais concentrer son action dans les Cévennes et en Corse, concernée à son tour par la dispartion de l’espèce.

« Le gypaète tient un rôle important dans la chaîne alimentaire, indique-t-on du côté de la Fondation pour la sauvegarde des vautours. Deux individus sont capables de nettoyer une carcasse en moins de deux heures ».

L’oiseau, qui affiche une envergure de près de 3 m, ne s’attaque qu’aux animaux déjà morts. Pour avaler les os volumineux, il est capable de les emporter jusqu’à 100m au-dessus du sol, puis les laisser tomber sur des pierres, afin de les briser.