Festival de Cannes: «Dheepan», la Palme d'or, séduit les Cannois

CINÉMA acques Audiard suit un ancien soldat, une jeune femme et une petite fille qui, fuyant la guerre civile au Sri Lanka, se font passer pour une famille…

Fabien Binacchi

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Trois projections étaient organisées lundi en post-clôture.
Trois projections étaient organisées lundi en post-clôture. — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Des applaudissements francs, (presque) pas de sorties avant la fin… Si elle n’a pas fait l’unanimité de la presse, la Palme d’or semble avoir plus largement séduit les Cannois cette année. Au lendemain de la remise des prix 2014, beaucoup avaient préféré déserter le Grand auditorium du Palais des festivals et des congrès de Cannes avant la fin des trois heures et seize minutes de Winter Sleep. Cette fois-ci, le film de Jaques Audiard Dheepan semble avoir réuni davantage de suffrages en sa faveur.

« Il est excellent. J’ai tout aimé, s’enthousiasmait Marie, en retrouvant la lumière du jour. Les deux acteurs jouent très bien. » Comme elle, quelque 7.000 Cannois devaient assister à trois projections offertes par la ville. « C’est un film intéressant qui nous fait poser des questions, sur l’immigration, sur la vie dans certains quartiers… J’avais déjà vu De rouille et d’os [du même réalisateur] qui m’avait laissée avec le même ressenti », a réagi Mégane. Dans Dheepan, Jacques Audiard suit un ancien soldat, une jeune femme et une petite fille qui, fuyant la guerre civile au Sri Lanka, se font passer pour une famille. Réfugiés en France dans une cité sensible, ils tentent de se construire un foyer.

Dheepan ou Mia madre ?

Milou a « beaucoup aimé, même si la correspondance entre ce qui se passe au Sri Lanka et dans les banlieues françaises semble un peu bas de plafond ». « Les sujets traités sont durs, mais malgré tout, c’est un film plein d’optimisme », a aussi glissé ce spectateur à 20 Minutes. « L’histoire d’amour est aussi super-forte », souriait Léonard, à sa sortie du Palais.

« C’est du bon cinéma réaliste, mais je ne lui aurais pas donné la Palme. J’ai vu Mia madre de Nanni Moretti et je pense que celui-là la méritait peut-être plus », s’engageait Christophe de son côté. Les goûts et les couleurs… « Ces mêmes films présentés à d’autres personnes que nous auraient donné des résultats tout à fait différents. Au moins tous les films que nous avons défendus sont au palmarès », ont commenté dimanche soir les frères Coen, présidents du jury du 68e Festival de Cannes.