« Les passeurs gagnent quelques dizaines d'euros »

Propos recueillis par Jean-Alexis Gallien-Lamarche

— 

Le commissaire divisionnaire.
Le commissaire divisionnaire. — Préfecture des Alpes-Maritimes

Arrivé en octobre 2014 à la tête de la Police aux frontières (PAF) dans les Alpes-Maritimes, Jean-Philippe Nahon doit faire face à un flux migratoire « d'une ampleur exceptionnelle » à la frontière franco-italienne. Le commissaire divisionnaire a accepté pour 20 Minutes de dévoiler les profils des passeurs, ces « trafiquants » de migrants.

Qui se cachent derrière les passeurs ?

Ce sont des Français, des Italiens, ou des étrangers avec ou sans titres de séjour. Il y a aussi des passeurs locaux, qui habitent dans le département, souvent inconnus de la police et de la justice. Pour aller chercher des migrants à Vintimille et les ramener en France, ils gagnent seulement quelques dizaines d'euros. Depuis janvier, nous en avons interpellé 54 [six depuis une semaine] et démantelé trois filières structurées. Notre lutte contre les passeurs s'est fortement accrue. Elle est coordonnée avec la gendarmerie, la sécurité publique et la SNCF.

Quels moyens utilisent-ils ?

La voiture, c'est le plus simple pour les passeurs. Nous avons des brigades mobiles au péage de la Turbie et sur les axes secondaires comme dans les vallées de la Roya et de l'arrière-pays mentonnais. Mais jamais en bateau car c'est compliqué, trop visible et onéreux.

Depuis une semaine, les chiffres de ces interpellations sont à la baisse...

Oui, il semblerait que ce soit la tendance du moment... Mais il y a deux semaines, plus de 1 000 étrangers ont été arrêtés avec un pic le mardi 12 mai avec près de 305 interpellations.

■ Un bus en renfort

La PAF a étoffé son dispositif. En plus de renforts humains importants, un bus transformé en commissariat aide les policiers. « Pour réaliser les premiers actes d'enquêtes », note le directeur.