Nice: Un appel au mécénat pour booster les tournages sur la Côte d'Azur

CINEMA Un «fonds de dotation» permettant la défiscalisation des dons devrait attirer des investisseurs...

Fabien Binacchi

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" Silence, moteur, action " sur la place du Palais de justice de Nice, mardi.
" Silence, moteur, action " sur la place du Palais de justice de Nice, mardi. — J.-A. Gallien-Lamarche / ANP / 2

En 2013, le record était battu. Quelque 355 équipes de tournage avaient planté leurs caméras sur la Côte d'Azur. L'an dernier, les Alpes-Maritimes ont encore servi de décor à 353 productions et généré des retombées économiques directes en hausse, à 37 millions d'euros, a révélé la Commission du film azuréenne, à la veille de l'ouverture du Festival de Cannes. Un très bon filon que l'organisme, dépendant de la CCI niçoise, espère encore faire progresser avec un tout nouvel outil: le Fonds de dotation industrie cinématographique.

«L'idée est d'attirer de nouveaux investisseurs avec un système de dons organisé selon le régime fiscal du mécénat culturel [qui ouvre la voie à des défiscalisations allant de 60 à 66 %]. Le fonds opère la collecte pour redistribuer ensuite dans des films exclusivement réalisés dans le département, présente le sénateur Jean-Pierre Leleux, son président. Ce qui nous permettra de développer des projets in situ, qui ont un rapport avec le territoire.»

Tourner plus pour davantage de retombées financières sur la Côte d'Azur

La Commission, qui revendique une «première en France» avec ce nouveau dispositif, espère ainsi voir le nombre de projets augmenter. Reste à savoir si les investisseurs répondront présents... «Des productions se sont en tout cas déjà positionnées», précise le responsable. «Nous avons proposé neuf projets en cours de recherche de financements, indique par exemple Philippe Aigouy chez Vidéo sud production. Ce dispositif pourrait nous permettre de devenir autonome en termes de fabrication de contenus et donc d'en faire plus.» Et d'augmenter mécaniquement les revenus de cette industrie.

L'an dernier, les douze longs-métrages (Le Transporteur - Héritage, Les gorilles dont le nom du projet était «36 heures à tuer»Deux au carré, etc.) tournés dans le département ont généré 141 jours de tournages, 9.868 nuitées hôtelières et au final plus de 13 millions d'euros de retombées. Les 199 journées de production de vingt fictions de télévision (dont notamment la série de TF1 Section de recherches) ont aussi engendré la réservation 8.100 nuitées et près de quatre millions d'euros de chiffres d'affaires sur la Côte d'Azur. Dix-sept documentaires, 69 émissions de flux de téléréalité et également 60 films publicitaires ont aussi permis de faire grossir le pactole pour l'économie azuréenne.