Le fjord glacé d'Ilulisat, au Groenland, photographié par Google Street View.
Le fjord glacé d'Ilulisat, au Groenland, photographié par Google Street View. — Capture d'écran/Google Street View

EXPLOIT

Nice: Un double record du monde pour l'apnéiste Aurore Asso

L'Azuréenne a repoussé les limites en apnée dynamique et en «poids constant» sous la glace du Groenland...

Elle est rentrée dans l'histoire. L'apnéiste niçoise Aurore Asso vient de signer deux records du monde féminins de nage et de plongée sous la banquise, dans une eau à -1,5° C, au Groenland. Sous la glace d'Ikerasak, sur la côte sud-ouest du pays, mercredi, la jeune ingénieur agronome de 36 ans a parcouru 112 m, en apnée dynamique, c'est-à-dire en nage horizontale, en 1 min 47 sec, battant le précédent record, qui était de 110 m.

Dimanche, l'Azuréenne est parvenue à atteindre la profondeur de 57 m en «poids constant», à la seule force des bras et jambes, en 2 min 7 sec. Elle est descendue à une profondeur jamais atteinte par une femme sous la glace. Pour ces deux épreuves, Aurore Asso était équipée d'une combinaison isotherme et d'une monopalme.

Un projet personnel pour sensibiliser le public à la fragilité de la banquise

«L'apnée sous glace est très éprouvante. Le corps entre dans un état de survie. A moins d'une grande habitude, le stress est permanent et le froid mordant, a expliqué l'athlète, membre de l'équipe de France d'apnée et déjà championne de France de cette discipline. Des mécanismes physiologiques différents se mettent en place et la fatigue mentale due à l'engagement de chaque plongée est plus forte.»

Sensible à la survie des écosystèmes en danger, la Niçoise a entrepris cette expédition dans le cadre d'un projet personnel baptisé «Un souffle pour l'Arctique». «Ce projet relie la volonté d'accomplir un défi sportif à la volonté de sensibiliser le public à la protection du milieu polaire en Arctique et à la découverte du Groenland. Ces records du monde sont un prétexte pour montrer la beauté et la fragilité de la banquise dont la rétraction progressive depuis trente ans est un marqueur majeur du réchauffement climatique», a-t-elle ajouté.