« Le FN mise sur l'ancrage local de Nissa Rebela »

Propos recueillis par Jean-Alexis Gallien-Lamarche

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Le chercheur Jean-Yves Camus.
Le chercheur Jean-Yves Camus. — Iris

A quatre jours du premier tour des élections départementales, le spécialiste de l'extrême droite de la fondation Jean-Jaurès Jean-Yves Camus décrypte pour 20 Minutes la présence de transfuges du Bloc identitaire sous la bannière du Front national. A Nice, sur les dix-huit candidats investis par le parti, quatre sont d'anciens de Nissa Rebela.

Comment analysez-vous la présence sur les listes FN d'ex-identitaires ?

Il est évident que le Front national mise sur l'ancrage local de Nissa Rebela. Mais c'est un changement de pied incontestable de la direction du FN. Sûrement que le parti de Marine Le Pen veut profiter de la formation et des expériences politiques de certains cadres du mouvement Nissa Rebela.

Pourtant, sur de nombreux sujets, les deux partis ne s'entendent pas...

Il reste des divergences très importantes (l'Europe, l'immigration...). Mais le FN veut certainement faire émerger localement de jeunes gens qui ont montré un savoir-faire dans l'art de la propagande électorale. Il est impossible de reprocher à ces ex de Nissa Rebela d'être des parachutés.

Est-ce que Nissa Rebela peut-être un vivier à candidats pour le Front ?

Oui, et ça pourrait être le cas de plus en plus dans les Alpes-Maritimes. D'abord parce qu'ils ont une maîtrise des nouveaux moyens de communication pour toucher les jeunes. Et puis parce que ce sont des gens qui ont, au quotidien, une vie militante. Ils sont donc formés aux techniques de campagnes électorales.

■ « Aucune alliance »

« Nous n'avons fait aucune alliance avec qui que ce soit, réplique Marie-Christine Arnautu, la chef de file du Front National dans le département. Les personnes candidates pour notre parti ont leur carte au FN. »