La piste de la privatisation

Jean-Alexis Gallien-Lamarche

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L'aéroport de Nice est la première plateforme régionale.
L'aéroport de Nice est la première plateforme régionale. — ANP / 20 Mintues (archives)

Des étrangers bientôt aux manettes de l'aéroport de Nice Côte d'Azur ? La présentation du « projet de loi Macron », par le ministre de l'Economie, ce mercredi, pourrait en tout cas en ouvrir la voie. L'Etat envisage en effet de vendre ses parts au sein du capital de la société Aéroports de la Côte d'Azur (qui comprend ceux de Nice, Cannes et Saint-Tropez), première plateforme régionale avec plus de 11 millions de passagers par an. Aujourd'hui, l'Etat détient 60 % du capital, la Chambre de commerce et d'industrie de Nice en possède 25 %. La région, le département et la métropole Nice Côte d'Azur en ont 5 % chacun.

Evalué entre 1 et 2 milliards


Un projet de privatisation qui fait bondir Christian Estrosi, maire de Nice et président de la métropole. « La puissance publique doit garder le contrôle », insiste l'élu. En tout cas, cette opération devrait à coup sûr intéresser de grands groupes financiers comme à Toulouse, premier aéroport régional privatisé, où des investisseurs chinois ont remporté la mise. « Si c'est pour imaginer un meilleur développement économique du territoire, pourquoi pas. Mais si c'est pour transformer l'aéroport en une machine à cash sans investissement, non merci », réagit Bernard Kleynhoff, le président de la CCI interrogé par 20 Minutes. Selon lui, l'ouverture du capital pourrait « attirer le groupe australien Macquarie, des Chinois, des Français comme Vinci ou les Canadiens de SNC Lavalin. Mais pas forcément des Russes et des Qataris. » Quant au prix de cession de ses actifs, l'Etat espère réaliser un bon coup. « La valorisation globale de la société aéroportuaire est évaluée entre un et deux milliards d'euros », estime Bernard Kleynhoff. « Plusieurs solutions sont à l'étude pour racheter l'aéroport avec les collectivités locales », indique Christian Estrosi.

■ Du crowdfunding

Une opération de financement participatif va être lancée par le site Wiseed pour racheter les parts de l'Etat. « On veut lever 50 à 100 millions d'euros », espère Thierry Merquiol, cofondateur du site.