Cette algue toxique bientôt sous très étoite surveillance

Fabien Binacchi

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Ostreopsis créé un bio-film marron.
Ostreopsis créé un bio-film marron. — Luisa Mangialajo

Elle apparaît chaque été, entre les rochers. Et ses petits fragments marron ne sont pas sans danger. Réactions cutanées, irritations du système respiratoire... La micro-algue toxique Ostreopsis ovata mobilise tout autour de la Méditerranée des chercheurs et des décideurs, réunis sur le campus Valrose, à Nice, ces derniers jours. « L'idée est de pouvoir créer d'ici un an un système d'alerte pour prévenir les populations de ses phases d'efflorescence », relève Luisa Mangialajo, maître de conférences à l'université de Nice (Ecomers) et auprès du Laboratoire d'océanographie de Villefranche.

Des effets réversibles


« Surtout pour éviter d'engorger les urgences inutilement, car ses effets sont réversibles », relativise la spécialiste. Pendant l'été 2005, le micro-organisme de 50 millièmes de millimètres avait déjà créé une mini-panique sur les plages de Gênes, intoxiquant sans gravité plus de 200 personnes. Le projet baptisé M3-HABS, suivi par l'université de Nice et mené à l'échelle européenne, permettra de « modéliser sa répartition pour arriver à prévoir leur développement d'Ostreopsis », explique Rodolphe Lemée, le directeur adjoint de l'Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer. A la clé : des cartes d'alerte à la disposition des gestionnaires de territoires. Mais il reste encore du travail. D'autant plus que cette algue garde une part de mystère. Son mécanisme d'action sur le corps humain reste encore incertain. Comparables à des réactions allergiques, ses effets pourraient être induits par la « palytoxine » qu'elle produit.

■ Impact(s)

En plus d'être nocive pour les êtres humains, Ostreopsis aurait aussi un impact sur le milieu marin. « Des invertébrés ont été retrouvés morts lors d'apparitions de cette algue », indique Rodolphe Lemée.