Les chercheurs niçois propulsés au septième ciel

Jean-Alexis Gallien-Lamarche

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Ils ont suivi en direct la mission.
Ils ont suivi en direct la mission. — J.-A. Gallien-Lamarche / ANP / 20 Minutes

A 17 h 09 mercredi, les chercheurs de l'institut de chimie de l'université de Nice ont pu pousser un grand ouf de soulagement. La nouvelle venait juste d'être confirmée. Quelques minutes plus tôt, à 510 millions de kilomètres de là, le robot de l'Agence spatiale européenne (ESA) Philae s'était bien posé sur la comète « Choury ». Une première dans l'histoire de la conquête spatiale ! Sur le campus Valrose, une dizaine de spécialistes ont suivi en direct ce moment très attendu. Et pour cause. Ces membres de l'équipe du Pr Uwe Meierhenrich ont développé Cosac, un appareil contenu dans Philae et qui ira prélever et analyser le noyau de la comète.

Les souffles courts


Vu l'enjeu, jusqu'au dernier moment, la crispation se lisait sur les visages. « Il a peut-être explosé en route », soupirait l'un d'eux. Depuis le laboratoire, où étaient retransmises les images de la salle du centre de contrôle de l'ESA, les souffles étaient courts. « Nous attendons la confirmation de l'atterrissage », annonçait dans un tweet le Pr Uwe Meierhenrich depuis Darmstadt (Allemagne). Puis, la nouvelle est tombée, sous les applaudissements, dans une joyeuse effervescence, et même avec du champagne. « Je n'étais pas rassurée, c'était risqué. Mais là, c'est extraordinaire », a lancé Cornelia Meinert, du CNRS. Maintenant pas de temps à perdre. « Les premiers résultats de l'appareil peuvent tomber très vite, selon la spécialiste. Et nous aurons enfin des preuves pour confirmer notre hypothèse sur l'origine de la vie sur Terre. » Une vie venue d'ailleurs.

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■ Analyser le sous-sol

Uwe Meierhenrich et son équipe vont analyser le sous-sol de la comète à la recherche d'acides animés, que l'on trouve dans les protéines. De possibles indices sur l'apparition de la vie sur terre...