Plus de 22 000 personnes arrêtées du côté de Menton

Fabien Binacchi
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Des arrestations, mardi, à Menton.
Des arrestations, mardi, à Menton. — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes


La frontière à peine passée, ils ont été interceptés. A la gare de Menton-Garavan mardi, des dizaines d'Africains étaient stoppés par des policiers, en faction dans cette première halte ferroviaire après la frontière. Depuis le début de l'année, plus de 22 000 migrants ont été ainsi arrêtés dans le département. 



Demandes de renforts



« Un afflux sans précédent, surtout depuis avril [12 000 sur 18 000 ont été réadmis en Italie], avec des Erythréens, des Soudanais et des Syriens notamment », a relevé le ministre de l'Intérieur, en visite à Menton, mardi. Mais aucune demande d'asile n'a été formulée, souligne le préfet Adolphe Colrat.

Venu rencontrer les forces de l'ordre mobilisées, Bernard Cazeneuve a rappelé le déploiement de vingt agents supplémentaires à la Police aux frontières et la mobilisation de deux unités CRS, soit 150 personnes de plus depuis le début de l'année. « Le dispositif n'est pas a la hauteur de la situation, a pesté de son côté le président du conseil général Eric Ciotti (UMP). Les policiers sont à bout. Il faut des moyens pérennes et pas juste des compagnies mobiles. » « Il y a besoin de renforts, notamment une dizaine d'agents de police judiciaire pour lutter contre les passeurs », confirme Laurent Laubry, secrétaire départemental d'Alliance CFE-CGC. Selon le délégué syndical, le poste frontière mentonnais, et notamment sa salle de rétention, seraient « totalement inadaptés, voire indignes ». Le ministre s'est engagé « prendre les décisions qui s'imposent dans les meilleurs délais ».

■ «Passeurs» écroués

Depuis janvier, 51 passeurs ont été arrêtés dans la région mentonnaise, dont 46 ont été écroués, a indiqué  le ministre. « Nous arrêtons 30 % de ces filières de plus qu'en 2013 », a aussi précisé Bernard Cazeneuve.