Nice pourrait garder sa prison

JUSTICE Une reconstruction de la maison d'arrêt sur le site actuel est proposée par le maire...

Jean-Alexis Gallien-Lamarche

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Google map de Nice (Alpes-Maritimes)
Google map de Nice (Alpes-Maritimes) — Capture d'écran / Google Map

«Déjà, dans les années 1990, il y avait des projets de reconstruction. Alors là, c'est peut-être une énième proposition…» Dans la cour de la maison d'arrêt de l'est niçois, bâtie en 1887, c'est entre espoir et scepticisme que les agents pénitentiaires ont appris la nouvelle.

Jeudi, le maire de la ville, Christian Estrosi, en visite dans la prison, a proposé de construire la nouvelle maison d'arrêt… sur le site actuel. Une idée qui arrive après le remue-ménage provoqué par une enquête, lancée par l'Etat, pour la faisabilité d'un projet d'établissement pénitentiaire dans la plaine du Var.

Deux autres sites évoqués

«Je suis septique. Déménager les détenus pendant les travaux pourrait poser des problèmes», estime Aurélien Espinosa, représentant syndical de l'Union fédérale autonome pénitentiaire. Au contraire, pour Christophe Vitré de la CGT, «ça serait dommage d'aller ailleurs, surtout après tous les travaux entrepris depuis quatre ans».

Deux autres sites ont aussi été proposés par le maire de Nice: la caserne Auvare et les emprises militaires voisines, mais aussi les terrains de Réseau Ferré de France autour de la gare Saint-Roch. Ces parcelles répondent à au moins un des critères de sécurité puisqu'ils sont situés à moins de 30 minutes du palais de justice de Nice.

Ces hypothèses seront «expertisées par l'Agence publique pour l'immobilier de la justice sans perdre de temps», explique le préfet des Alpes-Maritimes à 20 Minutes. La «situation des maisons d'arrêt, celles de Nice et Grasse, est très préoccupante», ajoute aussi Adolphe Colrat. A Nice, l'établissement accueille 620 détenus pour 360 places. Son taux d'occupation atteint les 190 %.

 

■ Près de 800 places pour la future prison

Aucun calendrier n'a encore été établi. « C'est un travail complexe qui appelle à des études techniques. On n'est pas dans un temps court », souligne Adolphe Colrat, le préfet du département. « On ne peut plus attendre », a répété Christian Estrosi qui souhaite que la future maison d'arrêt dispose de 800 places, contre 360 aujourd'hui. Selon le maire, « la reconstruction d'une prison à Nice fait partie d'un programme prioritaire de l'Etat ».