« Nice est un fief pourles recruteurs du djihad »

Propos recueillis par Jean-Alexis Gallien-Lamarche

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Dounia Bouzar est une spécialiste.
Dounia Bouzar est une spécialiste. — A. Reau/Sipa

Face au phénomène, les autorités sont sur le pied de guerre. Et Nice vient juste de se retrouver à la Une de cette actualité. Samedi, un homme de 22 ans, présumé recruteur pour le djihad, a été arrêté à l'aéroport. Il est soupçonné d'avoir payé à une jeune fille de 16 ans, originaire du quartier de l'Ariane, un billet d'avion pour la Turquie, d'où elle aurait dû se rendre en Syrie. Anthropologue spécialiste de l'islam, Dounia Bouzar a fondé le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam pour lutter contre les radicalisations et accompagner les proches des victimes. Pour 20 Minutes, elle fait le point sur la situation.

Le départ de jeunes femmes en Syrie, pour le djihad, est-il fréquent ?

Absolument, car elles sont très vite embrigadées. Notamment avec les vidéos qui circulent sur Internet. Avec le centre, nous estimons que 50 % des candidats au djihad sont des jeunes filles. Une fois qu'elles sont là-bas, elles sont le plus souvent séquestrées.

Nice est-elle plus touchée que d'autres villes par ce phénomène ?

J'ai en effet des familles originaires de Nice qui m'ont appelée. Cette ville est en quelque sorte un fief pour les recruteurs. Le chef des djihadistes français en Syrie est un Niçois. Il s'agit d'un braqueur qui s'est reconverti dans la vidéo de propagande. Et il est notre ennemi numéro 1 en France.

Le plan anti-djihad est-il efficace ?

Oui, désormais, on arrive à en retenir pas mal. La seule question qu'il faut se poser maintenant, c'est comment les désendoctriner, les guérir.

■ Un transfert à Paris

La jeune fille va être entendue à Paris par le contre-espionnage qui s'intéresse au sac qu'elle portait à l'aéroport. A l'intérieur, une burqa, un contact en Turquie et des vidéos de femmes djihadistes, selon RTL.