Un été passé à traquer les déchets plastiques

Jean-Alexis Gallien-Lamarche

— 

Le voilier tracte le filet à la surface.
Le voilier tracte le filet à la surface. — Bruno Dumontet

Ces échantillons prélevés et analysés pourraient avoir l'effet d'une bombe. Après avoir révélé l'existence d'environ 250 milliards de micro-fragments de plastique à la surface de la Méditerranée en 2009, l'association Expédition Méditerranée en danger (MED) repart pour une nouvelle exploration. Deux mois d'une aventure qui a commencé samedi matin à Villefranche-sur-Mer. Mais cette fois-ci, ce sont les macro-déchets qui sont dans le collimateur de scientifiques et de citoyens engagés. « C'est une première, car il y a peu de données sur ces gros déchets », note Bruno Dumontet, chef d'expédition.

« Cette mer est en danger »


Pour capturer cette pollution visible, le voilier à deux mas tracte un chalut de 7  m en surface. Dimanche, au large de Cannes, l'équipage a mis à l'eau le filet pour les premiers prélèvements. « Nous irons dans les grandes zones d'accumulations des déchets, là où il y a des courants forts et des tourbillons », explique-t-il. Une expédition qui rappelle celle du voilier Tara, parti en juin à la recherche des micro-plastiques et de leurs effets sur les écosystèmes marins. Sur leur embarcation de 17 m, les membres du MED navigueront sur toute la rive nord de la « grande bleue », mais aussi du coté de l'Algérie, du Maroc, de Malte… « Cette mer est en danger. C'est l'une des plus polluées. On court à la catastrophe si on ne fait rien », alerte ce dernier. A la fin août, ils enverront leurs prélèvements aux laboratoires d'océanographie de Villefranche et de Toulon. Les premiers résultats devraient tomber en 2015.

■ Un « labo citoyen »

Originalité de l'expédition, des écovolontaires sont en mer. La plus jeune, 15 ans. Une femme de 73 ans fait aussi partie de l'équipe. « C'est une sorte de laboratoire citoyen », glisse Bruno Dumontet.