La vague VTC déferle sur la Côte

Fabien Binacchi

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La cliente d'un véhicule de tourisme avec chauffeur, ici à Paris.
La cliente d'un véhicule de tourisme avec chauffeur, ici à Paris. — P. Andrieu / AFP

«Nous commencerons le 14 mai avec une centaine de chauffeurs, pour couvrir Nice, Cannes et Sophia, annonce Yan Hascoët, le PDG de Chauffeur-privé. Et nous faisons grandir le gâteau, nous ne prenons la part de personne. » Alors que le débat est toujours musclé entre les taxis et les sociétés de VTC (Véhicule de tourisme avec chauffeur), cet acteur, parmi les principaux du secteur, annonce son arrivée, à l'occasion du Festival de Cannes. Il sera donc bientôt possible de réserver depuis son smartphone.

« Concurrence déloyale »


Uber et Drive, deux autres opérateurs, laissent également entendre qu'ils pourraient s'installer. Tous devraient puiser dans un fichier déjà existant de 656 chauffeurs indépendants présents dans le département, d'après Atout France. Mais l'arrivée de ces mastodontes fait déjà grincer des dents, dans les rangs mêmes des VTC. « Actuellement, les choses se passent bien avec les taxis. On ne tourne pas autour des hôtels... Nous jouons notre rôle, c'est à dire un rôle palliatif, commente Cédric Savary, vice-président de la Fédération française des exploitants de Voiture de tourisme avec chauffeur [FFEVTC], établi sur la Côte d'Azur. Mais, on peut craindre que ça finisse comme à Paris, avec l'arrivée de ces entreprises, et de leurs applications. »

Elles permettent notamment de géolocaliser les chauffeurs à proximité. Une fonction que contestent les taxis. « Cette forme de maraude électronique est une concurrence déloyale. Alors, on ne saute pas de joie, forcément, confirme Patrice Trapani, le président du syndicat de la profession à Nice. Tout le monde a le droit de travailler. On demande juste que ce ne soit pas n'importe comment. »

■ Paca à la deuxième place

Depuis 2009, et une loi autorisant la circulation de ces véhicules de tourisme avec chauffeur, plus de 2 500 autorisations auraient déjà été délivrées dans le département, selon Cédric Savary. Ils seraient aujourd'hui près de 700 sur la Côte et 1 120, au total en Provence-Alpes-Côte d'Azur, selon la FFETVC. La région est la deuxième de France en nombre de licenciés VTC (soit 15 % des effectifs totaux), après l'Île de France, qui en comptait 3 796, au 25 février.