Des algues pour rouler et se nourrir

Jean-Alexis Gallien-Lamarche

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Les algues remplaceront le sirop de menthe dans le bassin d'ici deux mois.
Les algues remplaceront le sirop de menthe dans le bassin d'ici deux mois. — Inra / Christian Slagmulder

C'est un « projet révolutionnaire aux enjeux énormes » qui se joue à Sophia-Antipolis. Sous des serres dernier cri de 700 m2, des chercheurs azuréens exploitent des micro-algues. Nom de code de l'opération : « Purple Sun ». L'ambition est « d'optimiser le concept des serres pour l'agriculture dans un premier temps», «puis de produire des biocarburants avec le minimum d'impact sur l'environnement », synthétise Christine Poncet, responsable du projet à l'Institut national de recherche agronomique (Inra), dans la technopôle.

Assiettes et cosmétiques


Et pour cela, les chercheurs ont mis au point un concept qui utilise des panneaux photovoltaïques semi-transparents. Ainsi, « nous allons combiner, grâce à la lumière du soleil, la production d'énergie photovoltaïque tout en laissant passer des longueurs d'ondes solaires pour la production d'algues ou de légumes », sans la moindre dépense énergétique, détaille Christine Poncet. Les scientifiques qui vont disposer de quatre bassins supplémentaires (dits « raceways ») le mois prochain ont trois ans et un budget de 3 millions d'euros pour mener à bien ce projet. Ces algues qui ne se voient pas à l'œil nu (et que l'on trouve dans les rivières, lacs et océans) serviront donc à terme comme biofuel, le carburant de demain qui ne nécessite pas d'énergies fossiles. Mais aussi « dans nos assiettes car les algues pourront donner des protéines ou dans les cosmétiques », raconte la scientifique.

Les enjeux ? « Nourrir la planète sans les impacts négatifs sur l'environnement et trouver des alternatives au pétrole », résume-t-elle. Si le développement industriel est visé, l'objectif est aussi de rendre cette filière de production à énergie positive.

■ Des partenariats nationaux et européens

Pas moins de sept partenaires scientifiques sont parties prenantes du projet. Notamment le laboratoire d'océanographie de Villefranche-sur-Mer, l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) ou la société Sunpartner Technologies. Sur le site des serres, une cinquantaine de personnes travaillent au projet. « Il y a des sources de financement locales, nationales et européennes », ajoute Christine Poncet, de l'Inra Sophia.