Le fils de Maurice Agnelet l'accuse

Fabien Binacchi

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Maurice Agnelet lors de son procès en appel en septembre 2007, à Aix-en-Provence.
Maurice Agnelet lors de son procès en appel en septembre 2007, à Aix-en-Provence. — CLAUDE PARIS/AP/SIPA

Un témoignage. Un coup de tonnerre. Mais surtout un énième rebondissement. Lundi, trente-sept ans après les faits, un des fils de Maurice Agnelet l'a accusé. L'ancien avocat de 76 ans serait bien à l'origine de la disparition de sa maîtresse, Agnès Le Roux, en 1977. Après ces nouvelles révélations, la cour d'assises d'Ille-et-Villaine, où se joue actuellement un nouveau procès, a aussitôt ordonné le mandat de dépôt. L'ancien amant de l'héritière du casino du Palais de la Méditerranée, dont le corps n'a jamais été retrouvé, est donc incarcéré.

« Il a tiré sur Agnès »


Entendu en visioconférence depuis Chambéry, Guillaume Agnelet a raconté la version que sa mère lui aurait confié. « Si je ne faisais pas ça maintenant, j'aurais eu des regrets jusqu'à la fin de ma vie », explique-t-il devant la cour, selon l'AFP. « Ils [Maurice Agnelet et Agnès Le Roux] sont partis en camping tous les deux en Italie, dans la région du Monte Cassino, et se sont trouvé un coin tranquille. Ils ont passé la nuit dans la voiture et Maurice aurait, pendant son sommeil, tiré sur Agnès, a détaillé l'homme de 45 ans. Juste derrière, il aurait hurlé pour demander du secours, c'était une couverture pour savoir si quelqu'un avait entendu la détonation. Il aurait invoqué la tentative de suicide. »

Dans les années 80, Maurice Agnelet lui-même aurait confiait à son fils : « Moi, je sais où est le corps. » Des mots qui ont eu l'effet d'une bombe, lundi. « Je tombe des nues, je suis abasourdi », a déclaré à l'audience Thomas Agnelet, l'autre fils de l'accusé. Il a qualifié son frère de « schizophrène ». Guillaume Agnelet devrait être à nouveau entendu mercredi. Sa mère, elle, n'a pas pu être jointe par la cour. Elle souhaite également l'auditionner.

■ Un feuilleton à rebondissements

Ouvert depuis le 17 mars à Rennes, ce procès est le troisième pour l'accusé. Maurice Agnelet avait bénéficié d'un non-lieu en 1985, avant d'être acquitté en 2006. L'ancien avocat avait ensuite été condamné en appel à 20 ans de prison en 2007. En 2013, la Cour européenne des droits de l'homme avait ouvert la voie à ce nouveau procès, devant la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine. Le verdict était attendu vendredi, mais ces révélations pourraient bousculer les choses.