Embarqués sur une comète en quête de nos origines

Fabien Binacchi

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Rosetta a été lancée en 2004.
Rosetta a été lancée en 2004. — Esa / A. Van der Geest

A distance, ils vont explorer la surface d'une comète pour expliquer le fondement de la vie. C'est le pari de l'Agence spatiale européenne (Esa), avec le concours de cinq chercheurs niçois. Après 957 jours d'hibernation dans l'espace, la sonde Rosetta a entamé lundi la dernière partie de son périple. Le 10 novembre, elle devrait atterrir sur la comète 67P/TG. Une première qui pourrait apporter son lot de révélations.

Des acides aminés


Immenses réservoirs de glace, « les comètes sont des capsules témoins de la naissance du système solaire », résume-t-on à l'Esa. Et, à ce titre, elles pourraient bien renfermer quelques ingrédients qui ont permis l'apparition de la vie sur Terre. C'est justement ce que vont tenter de déterminer les scientifiques de l'institut de chimie de l'université de Nice et du CNRS, emmenés par le professeur Uwe Meierhenrich. « En 2002, son équipe a simulé une comète artificielle qui a permis d'identifier 26 acides aminés », précise l'université. « 67P » renfermera-t-elle aussi ces composés indispensables à la vie ? Sur sa surface, Rosetta ira à leur recherche. Elle prelèvera quelques microgrammes de matière et procèdera à des analyses. « Si nous retrouvons des acidés aminés, cela étayera les thèses selon lesquelles ces briques élementaires sont tombées sur terre, depuis l'espace, explique Uwe Meierhenrich. Cela permettra aussi pourquoi pas d'appuyer la possible existence d'autres formes de vies dans l'univers ». Comme pour conclure que la vérité est ailleurs...

■ Réveil confirmé

Après 31 mois de sommeil, Rosetta a été réactivée comme prévu lundi. Située à plus de 907 millions de km de la Terre, son signal a été reçu à 19 h 18 (heure française) au centre de contrôle de l'Esa en Allemagne.