Une année noire pour la pierre

Fabien Binacchi

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Le marché de l'immobilier est en berne. En 2013, le nombre d'affaires conclues, en baisse, aura même contrarié les finances départementales. « Les droits de mutations [les»frais de notaires«reversés à la collectivité] sont passés de 320 millions d'euros en 2012 à 270 millions l'an passé », alertait lundi le président du conseil général Eric Ciotti (lire encadré). « Le nombre de transactions a en effet baissé de 15 %, note Jean-Charles March, le président de la chambre des Notaires des Alpes-Maritimes. Puis les prix ont baissé de 1 à 3 %, selon les secteurs géographiques, induisant eux-mêmes une baisse des droits de mutations. »

« Encore trop cher »


Une relative diminution du coût de la pierre qui n'a pas suffi à multiplier les ventes. « Le marché reste trop haut. Les vendeurs n'ont toujours pas décidé de revoir vraiment leur prix, et du coup, les acquéreurs attendent. C'est surtout le cas à Nice, Cagnes-sur-Mer ou Saint-Laurent du Var par exemple. Cannes est concernée dans une moindre mesure », pointe aussi le spécialiste. Résultat, les seules ventes qui se sont réalisées dans l'année se sont concentrées sur les petites unités. « Les studios et les grands deux-pièces concernaient la majorité des transactions, relève de son côté Frédéric Pelou, le président départemental de la Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM). Les dossiers des 3, 4 ou 5 pièces sont eux toujours en suspens. » Et selon les professionnels, les perspectives ne sont guère plus réjouissantes. « On s'attend à la même tendance, d'autant plus qu'avec le projet de loi Duflot [sur le logement locatif] et la fiscalité notamment, les signes ne sont pas bons », avance le responsable de la FNAIM.

■ 50 millions de moins pour le conseil général

Avec la baisse des droits de mutation, c'est 50 millions d'euros de moins dans les caisses de la collectivité. « C'est compliqué, car ils représentent 26 % des recettes de fonctionnement, selon la directrice générale adjointe des services du conseil général Marie-Claude Santini. Les investissements ont dû ralentir. » Le projet de loi de finances 2014 donne le droit aux départements d'augmenter leur taux dans les « frais de notaire ». Sur la Côte, rien n'est encore décidé.