La très délicate équation du PS dans la cité des festivals

Fabien Binacchi

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La candidate cannoise Anne Majri.
La candidate cannoise Anne Majri. — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

La tâche d'Anne Majri s'annonce pour le moins corsée. Entrée tardivement dans la campagne, la tête de liste socialiste pour les municipales de mars 2014 à Cannes doit composer avec une « trentaine de militants » seulement et, surtout, la volte-face annoncée d'Apolline Crapiz. Car la conseillère municipale, candidate PS en 2001 et 2008, se verrait finalement bien soutenir un autre prétendant... à droite. Même si, pour le moment, elle préfère jouer aux devinettes. « Je ne serai ni sur la liste de la gauche, ni sur celle du Front de gauche. Je ne veux pas non plus d'un Tabarot bis [elle parle ici de l'UMP Philippe Tabarot] et encore moins du Front national. »

« Pas de négociations »


Reste alors le premier adjoint au maire et candidat David Lisnard (UMP). « J'ai toujours eu de très bonnes relations avec la majorité municipale et j'aimerais beaucoup continuer à travailler pour les Cannois », explique à 20 Minutes, celle qui a « pris ses distances avec le PS depuis deux ans ». « C'est une femme de qualité, mais nous ne sommes pas en négociations », précise de son côté l'élu UMP. En tout cas, du côté du parti présidentiel, les déclarations d'Apolline Crapiz ont du mal à passer. « C'est une trahison », lance Anne Majri, qui précise « [ne pas juger] la personne, mais bien l'acte politique ». « Ça nous affaiblit, et nous n'avions pas besoin de ça », souffle aussi la candidate. « Apolline Crapiz a tiré une conclusion erronée de ces échecs en se tournant vers la droite », analyse Xavier Garcia, le porte-parole du Parti socialiste local.

■ Un vrai « sprint »

A 58 ans, l'ancienne proviseur de lycée Anne Majri s'est lancée dans « un sprint pour rattraper le temps perdu ». « Nous aurons un local et nous présenterons notre liste en janvier », explique la candidate PS.