Petits théâtres cherchent public

Jean-Alexis Gallien-Lamarche

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Les trois coups qui résonnent dans une salle vide ? Les gérants de théâtre n'en sont pas encore là mais leurs petits établissements niçois ont du mal à remplir ces dernières années. « On voit une érosion du public. C'est terrible », déplore Wilfried Raby du Bar des Oiseaux, le théâtre créé il y a quatorze ans dans le vieux-Nice par la comédienne Noëlle Perna. « On est en danger, on se remet en question à la fin de chaque mois, confirme Magali Doveri, directrice du Bocal et ses quarante places. Pour une structure comme la nôtre, c'est au quotidien très difficile. » Selon elle, heureusement qu'il y a « un réseau d'amis fidèles et de mécènes », sans qui l'emploi serait menacé.

L'offre a explosé en vingt ans


La capitale azuréenne compte ainsi près de vingt-six structures, qu'elles soient municipales, associatives ou privées, plus ou moins subventionnées par la ville (25 millions en 2012), le département et la région. « Il y a une vingtaine d'années, il n'y avait pas grand-chose. Du coup, les compagnies ont eu besoin de lieux permanents pour la création », décrypte Michelle Quadri, directrice de la scène de L'Impasse. Et ils se sont multipliés.

Ces théâtres sont-ils devenus trop nombreux aujourd'hui ? Avec la crise, peut-être. « Quand ça va mal, on fait toujours le sacrifice de la culture », regrette Wilfried Raby. Du coup, « la fréquentation du public reste aléatoire avec des creux et des salles pleines », souffle aussi la compagnie Miranda dans la salle de la Cité. Le salut viendrait alors de l'originalité des programmations. « On refuse la fatalité. Nous essayons de prendre des risques et de titiller la curiosité des spectateurs », explique Sylvia Scantamburlo, membre de la troupe Miranda.

■ Des programmes portés sur la comédie

« En ce moment, les programmations des théâtres sont beaucoup tournées vers les comédies », explique Wilfried Raby. « C'est ce qui marche bien », note-t-on aussi au Théâtre du cours. A l'affiche de la salle, des succès des salles parisiennes mais aussi des artistes de la région. « Le théâtre a été aussi créé pour promouvoir les jeunes », relève le gérant du théâtre. Quant à L'Impasse, ils veulent rester « diversifiés pour toucher un plus large public ».