La psychiatrie se metau service des précaires

Jean-Alexis Gallien-Lamarche
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Une consultation, mardi.
Une consultation, mardi. — J.-A. Gallien Lamarche / ANP / 20 Minutes

C'est une femme qui toque à la porte. Il est 10 h mardi et elle est la première à consulter le psychiatre Patrick Martinez. Le praticien, installé au centre d'accueil de Nice qui, avec l'arrivée du froid, voit sa fréquentation augmenter, est à l'écoute. Cette femme n'a plus de domicile. Elle vient « pour parler, trouver du réconfort », selon le médecin. Après trente minutes, elle obtient finalement un rendez-vous à l'hôpital Saint-Roch. L'Equipe mobile psychiatrie précarité (EMPP) a pour mission la consultation de patients précaires ou exclus de la société. Mais aussi d'assurer le suivi « des intervenants qui travaillent dans les centres d'accueils », précise Patrick Martinez.

Schizophrénie, délires…


Présent deux jours par semaine à l'accueil de jour, le psychiatre veut avant tout «aller au plus près de ces personnes sans domicile qui souffrent souvent d'hallucination, d'idées délirantes et de schizophrénie ». « Il y a beaucoup de patients qui ne viennent pas spontanément. Ils ont besoin du Samu social pour faire le premier pas », note le médecin. En fin de matinée, nouveau patient. Très maigre, apparemment schizophrène, cet homme finira par être hospitalisé sous contrainte par les pompiers et la police. « Ce patient est en grand danger dans la rue », confie le psychiatre, anxieux à l'idée de le voir repartir. « Certains se retrouvent dans la rue à cause d'une pathologie préexistante. Et d'autres voient leur maladie accentuée par la rue. Ils ont dans tous les cas besoin d'un suivi », conclut-il.

■ Manque de moyens

L'EMPP a été créée en mai 2012. Le CHU niçois est le dernier de France à en avoir été pourvu. « En général, les équipes sont composées de 7 personnes, note le psychiatre. Je suis seul, avec une infirmière. »