Les parfums de Grasse enivreront-ils l'Unesco ?

Fabien Binacchi
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L'activité fait vivre 3 600 personnes.
L'activité fait vivre 3 600 personnes. — Ville de Grasse

Ils sont nez, producteurs d'essences ou encore horticulteurs… Et leurs techniques, séculaires, pourraient bientôt être inscrites au patrimoine immatériel de l'Unesco. C'est en tout cas ce que souhaite le sénateur-maire (UMP) de Grasse Jean-Pierre Leleux, qui vient de présenter une candidature pour que soient mondialement reconnus les « savoir-faire liés au parfum en pays de Grasse ».

Bon pour les affaires


« La culture des plantes, la connaissance des matières premières naturelles et leur transformation, l'art de composer le parfum » sont ainsi autant de méthodes que l'édile souhaite voir sanctuarisées et défendues par l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture.

Placée entre les mains du ministre de la Culture, la candidature devra déjà être inscrite à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France, pour pouvoir être proposée par l'Etat à l'Unesco. Elle ravit en tout cas les professionnels grassois du secteur. « Ce serait une excellente chose pour l'industrie, mais aussi pour la municipalité, qui pourrait renforcer encore l'attractivité touristique de la ville », vante le président du syndicat national des fabricants de produits aromatiques (Prodarom), Philippe Massé. Le spécialiste, y verrait « une véritable reconnaissance pour toutes les générations qui se sont succédé et qui ont transmis au fil des temps ces savoir-faire que beaucoup, aujourd'hui, tentent de copier ». Plus de 3 600 personnes vivent aujourd'hui de cette industrie dans la région.

■ Chiffres

L'économie grassoise du parfum repose sur l'activité de 70 sociétés, selon le Prodarom. Elles génèrent plus d'1,4 milliard d'euros de retombées par an. Soit plus de 75 % du chiffre d'affaires français.