Le Ray, enjeu sur le terrain politique

Jean-Alexis Gallien-Lamarche

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Les visuels avant la concertation publique ont créé la colère de l'opposition.
Les visuels avant la concertation publique ont créé la colère de l'opposition. —

Après 86 ans de bons et loyaux services, l'ancienne arène n'a même pas le temps de souffler... Lors d'un conseil municipal à rallonge – vendredi, entre 8 h 30 et 17 h 30 – l'avenir de ce quartier du nord de Nice a été l'occasion de vifs échanges entre le maire et ses opposants. En cause, le dévoilement des visuels du futur espace... avant « toute concertation ». La majorité n'a en effet voté que vendredi le lancement d'une consultation. Cette dernière vise à retenir une équipe qui réfléchira à la reconversion de cet obsolète équipement depuis l'inauguration de l'Allianz Riviera. « On ne gardera pas le stade du Ray, c'est unanime », a confirmé Alain Philip, l'adjoint à l'urbanisme.

Polémiques sur les visuels


Ce qui a donc provoqué la colère de la gauche, c'est la présentation par Christian Estrosi de premières esquisses du futur site. « Il n'est pas question de le laisser en friche », a complété le maire. « On comprend bien que le projet est déjà ficelé. Le maire évite de consulter les Niçois, il faut un référendum », pour Robert Injey, du PCF.

Ce dernier a affirmé à 20 Minutes que son parti tentera de recueillir entre 1 000 à 2 000 avis des habitants du quartier pour connaitre leurs désirs. « Estrosi dit ouvrir une concertation mais il a déjà tout en tête. Nous présenter des aperçus est une provocation supplémentaire », enrage de son côté Patrick Allemand (PS). Réponse du premier édile : « Vous voudriez qu'on en fasse quoi du Ray ? Un musée ? ». Un « écoquartier » devrait s'implanter sur cet espace de 7 hectares : équipements sportifs, logements, commerces, stationnements et espaces verts sont prévus. Un bilan de la concertation devrait être tiré avant la fin de l'année.

■ Un équilibre financier « sur le long terme »

Le financement de la restructuration du Ray a aussi été au cœur des débats. « Vous êtes une machine à dette », a provoqué Patrick Allemand. « Vous êtes un dictateur, je suis un tolérant », a répliqué Christian Estrosi. Voilà pour l'ambiance. Ce dernier a annoncé une stratégie financière sur le long terme (équilibre entre aménagement et financement), prenant en compte le retour sur investissement dû « à la redynamisation de la vie économie locale ».