Un paradis pour oursins juvéniles

Jean-Alexis Gallien-Lamarche

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Un peu plus de neuf cent bêbêtes piquantes ont plongé dans le grand bain. Ce lundi, de jeunes oursins ont été réintroduits à quelques encablures de la zone marine protégée de Golfe-Juan. L'opération, menée par le conseil général et la prud'homie de pêche d'Antibes-Juan-les-Pins, était organisée dans le cadre d'une action de repeuplement du milieu marin. Ces nouveaux pensionnaires – comestibles -du littoral azuréen vont donc trouver refuge sur les petits fonds rocheux de cette baie.

Population en baisse


Principale cause de cette réintroduction, la diminution massive de ces échinidés constatée par les pêcheurs du cru. En cause, selon eux : la pollution, la surpêche et le braconnage des touristes. « C'est l'homme qui est le premier responsable, lâche le premier prud'homme d'Antibes-Juan-les-Pins, Denis Genovese. Avec la crise, les gens arrachent les oursins pour se nourrir. Et en période estivale, les touristes raflent tout alors qu'ils sont en pleine période de reproduction. »

Pour cette action, les pêcheurs sont allés trouver des oursins juvéniles au Cap d'Antibes, là « où la population n'est pas menacée ». « C'est sur le long terme que l'on pourra juger du succès de cette réintroduction, commente Christophe Serre, biologiste au service environnement marin du département. Il faut au moins un an pour voir ce que cela donne ». Et « l'opération sera renouvelée en 2014 », annonce Eric Ciotti, président du conseil général des Alpes-Maritimes. En attendant, Christophe Serre se rendra plusieurs fois surveiller et compter les oursins. D'ici là, la pêche aux oursins est interdite jusqu'au 31 octobre sur l'ensemble du littoral et toute l'année sur le secteur de l'expérimentation.

■ Un sanctuaire marin de 50 hectares

La zone marine protégée (ZMP) de Vallauris-Golfe-Juan est la première créée dans les Alpes-Maritimes, en 1980. D'une grandeur de 50 hectares, la zone bénéficie d'une protection intégrale et est interdite à la plongée et au mouillage. Elle a pour principal objectif : le repeuplement des poissons et une augmentation de la biodiversité. Il existe aussi trois autres ZMP : Beaulieu-sur-Mer (25 ha), Roquebrune-Cap-Martin (50 ha) et Cagnes-sur-Mer (9 ha).