Échouage de méduses en vue

Marie Veronesi
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«Ce n'est pas une soupe, mais il y en a beaucoup. » A 10 km du rivage, un foyer important de méduses baigne dans les profondeurs… et lorgne sur les côtes. « Elles sont proches, il suffit d'un mauvais petit coup de vent d'est et elles sont sur Antibes et les îles de Levant », prévient Léo Berline, chercheur au laboratoire d'océanographie de Villefranche-sur-Mer. L'observatoire part souvent faire des observations en mer et comptabilise ainsi une méduse tous les 3 m² au large. Pour calculer la probabilité d'échouage de ces Pelagia noctiluca, l'équipe de scientifiques s'applique à perfectionner un modèle numérique.



Beaucoup de nourriture



« Cette année, il y a une forte abondance », constate Léo Berline, spécialiste des courants marins. En cause, « le réchauffement climatique, la surpêche, la pollution et un printemps en demi-teinte qui a favorisé la présence de plancton », dont les méduses raffolent… « On a une population bien nourrie, elles sont grosses comme des steaks ! », sourit Fabien Lombard, enseignant chercheur spécialisé dans la biologie de cette espèce. Reste à savoir si ces bestioles urticantes resteront bien sagement au large où se laisseront porter jusque sous les pieds des vacanciers… « Si le courant nord méditerranéen qui transite vers l'Espagne s'approche de la Côte, le foyer de méduses fera de même. » 

En cas d'échouage sur les plages et de piqûres malencontreuses, « il ne faut surtout pas frotter, insiste Fabien Lombard. Leurs cellules urticantes fonctionnent comme des petits harpons, qui ne s'activent pas forcément. En se touchant, on les déclenche. » L'idéal reste encore de se rendre au poste de secours le plus proche.

■ Des informations transmises aux communes

Sur le site de l'observatoire de Villefranche, seules des prévisions régionales sur le risque d'échouage des méduses sont accessibles au grand public. Lancé en grande pompe en juin dernier, www.medazur.obs-vlfr.fr  avait pour vocation d'informer à échelle locale. Désormais, ces données seront uniquement transmises aux communes, « qui pourront alerter  la population quand il y aura un arrivage massif », indique Léo Berline.