Reconstitution sous tension

Fabien Binacchi
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Le tireur présumé (à la portière) à sa sortie de la scène de reconstitution.
Le tireur présumé (à la portière) à sa sortie de la scène de reconstitution. — F. Binacchi/ANP/20 Minutes


Quartier bouclé, forces de l'ordre en nombre. Jeudi, à l'occasion d'une reconstitution sous tension, l'avenue Francis-Tonner, à Cannes-la-Bocca, semblait revenue au 26 novembre 2011. Ce samedi-là, le braquage d'une bijouterie se soldait par la mort de Thierry Unik, co-gérant, tué d'une balle dans la tête. Le tireur présumé, un Cannois d'une quarantaine d'années, est donc entré dans la boutique sur les coups de 14 h 30 jeudi, sous bonne escorte et protégé d'un lourd gilet par balle.



Encadré par 60 policiers



Pendant près de 3 heures, le juge grassois Christophe Morgan a mené la reconstitution, encadré par un important dispositif de sécurité de plus d'une soixantaine de personnes. Une demi-compagnie de CRS, soit 35 hommes, mais aussi des policiers, des gendarmes et des membres du GIPN étaient sur place. « Il y a eu des débats contradictoires », a indiqué à l'issue de la procédure, le procureur adjoint de la république de Grasse Jean-Louis Moreau. « Il n'a jamais voulu tuer, a plaidé de son côté l'avocat du tireur Me Fabien Collado. Les images le montrent. Il a voulu assommer Monsieur Unik avec la crosse de son arme et le coup est parti. Je suis persuadé que la mort accidentelle sera retenue. » Egalement sur place, Michel Unik, le frère jumeau de la victime, n'a pas été autorisé à participer à la reconstitution. « Moi, ça fait 18 mois que je suis en taule à cause de lui [le tireur]. Je veux qu'il ait 33 ans incompressibles, a-t-il réclamé devant la presse. Et si le jugement ne me convient pas, c'est moi qui prendrais la place du juge. »