A Nice, la culture fanzinefait de la résistance

Marie Veronesi

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Ciseaux, colle et agrafeuse 
suffisent pour créer un fanzine.
Ciseaux, colle et agrafeuse suffisent pour créer un fanzine. — M. Veronesi/ANP/20 Minutes

Il y a encore de la vie pour les fanzines, ces petites revues artisanales que l'on déniche dans les concerts et cafés. A l'heure des blogs, des Tumblr et autres publications en ligne, on aurait pourtant pu craindre que le do it yourself version papier ne sombre dans l'oubli. C'était sans compter l'attachement de certains Niçois à ce support. « L'avenir est derrière nous, l'avenir c'est la photocopie », assure non sans humour Zero, la revue internationale, dans sa rubrique « In/Out ».

Un côté destroy


Tout juste lancée, la publication indépendante niçoise (composée de 6 pages A4 pliées et agrafées) a pour vocation de « parler de choses drôles de façon sérieuse, ou l'inverse », explique Richard, alias John Badonna, l'un des rédacteurs. « L'idée, c'était pas de faire un truc snob et chiadé », poursuit le musicien, qui assume le côté destroy de son « zine ». Nul besoin d'imprimante high-tech ou de gros budget pour réaliser un fanzine. Du papier, des ciseaux, une agrafeuse et une bonne dose de créativité suffisent à concevoir l'objet. Nouveau venu dans l'univers des fanzines, Endemic réunit quant à lui en 26 pages et de façon élégante des dessins, photos et textes d'artistes niçois. « Chacun a envoyé ce qu'il savait faire, et on a essayé d'en faire un objet lisible », raconte Raphaëlle, à l'origine des collages, qui s'est efforcée de « trouver un lien imperceptible entre toutes ces œuvres ». Avec un projet commun : « remettre au goût du jour cette culture du papier et du bel objet ».

■ Héritage punk

Une cinquantaine de fanzines paraissent de manière plus ou moins périodique à Nice. Inscrits dans la culture punk, ils sont réalisés par des passionnés, et s'échangent de main en main.