Ces travaux qui passent mal à Carnot

Fabien Binacchi

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Sur le boulevard Carnot, le chantier du BHNS est découpé en huit tronçons.
Sur le boulevard Carnot, le chantier du BHNS est découpé en huit tronçons. — F. BINACCHI / ANP / 20 MINUTES

Le stock de DVD est en vente. Et sur la vitrine, un mot annonce la couleur : le magasin Vidéo futur va baisser le rideau. « Le téléchargement et surtout les travaux du boulevard Carnot nous obligent à fermer. » « C'est le premier, mais il pourrait y en avoir d'autres », lance à quelques mètres de là Yazid Hameg, le patron du Cocoon, une brasserie de cette artère parmi les plus importantes de la cité des festivals. Depuis juin 2012, le Syndicat intercommunal des transports publics (SITP) y mène de vastes chantiers. En vue, la création de la ligne 1 de son Bus à haut niveau de service (BHNS), en voies réservées. Et ces travaux ont du mal à passer chez les commerçants. « On a perdu 30 % du chiffre d'affaires, avance le patron du Coccon, qui demande des dédommagements (lire l'encadré). On nous supprime tous les stationnements et nos clients ne peuvent plus s'arrêter en double file. »

« Pas à notre écoute »


Un peu plus bas, la pharmacie du Palais, elle, aurait un manque à gagner de 10 % à 20 %. « On n'a jamais eu notre mot à dire. Le SITP n'est pas à notre écoute », peste Pascal Harant, le gérant. « Faux », rétorque le syndicat. « Une permanence a été mise en place (…) et deux ambassadrices du BHNS sont aussi chaque jour sur le terrain à la rencontre des commerçants », indique-t-il. Quid du stationnement ? « Il y aura vingt-cinq places en moins sur le boulevard après les travaux, mais elles seront reconstituées dans les rues transversales », fait savoir le SITP. Et de préciser que « ces travaux ne permettent plus effectivement de se garer illégalement en double file, ce qui contribuait à l'engorgement et au ralentissement de la circulation ». Les chantiers sont prévus jusqu'au mois de septembre.

■ Compensation

Une rencontre est prévue vendredi entre la ville de Cannes et près de 40 commerçants. Réunis en collectif, ils veulent une compensation financière.