Le budget de la métropole niçoise passé au crible

Marie Veronesi

— 

Le conseil métropolitain a voté son budget 2013, le 29 mars (archives).
Le conseil métropolitain a voté son budget 2013, le 29 mars (archives). — F. BINACCHI / ANP / 20 MINUTES

Deux ans après sa création, la métropole Nice Côte d'Azur, qui englobe 46 communes, a voté son premier « vrai » budget. Adopté par le conseil il y a dix jours, il s'établit ainsi pour 2013 à 1 000 250 000 €, avec une dette de 946 730 000 €. Explications avec un spécialiste.

Que fait la métropole ? Elle gère entre autres la voirie, l'urbanisme, les transports… « Elle doit rationaliser les investissements et éviter, par exemple, qu'il y ait deux piscines qui se ressemblent à 50 m, explicite David Huron, le directeur du Master 2 management public, à l'Institut d'administration des entreprises de Nice. Elle aménage le territoire et doit le rendre cohérent. »

A quoi sert le budget ? A prévoir les dépenses et recettes, répond l'universitaire qui a potassé ce « premier vrai budget de la métropole ». « Il y a des dépenses incompressibles de fonctionnement et d'autres dues à un investissement », détaille-t-il. « Quand on n'a pas assez de recettes, on emprunte aux banques. Et il faudra rembourser. »

La dette est-elle trop importante ? Le chiffre de 946 millions d'euros fait en tout cas bondir l'opposition. Mais « on ne peut pour l'instant pas apporter de réelle comparaison », répond David Huron. La ville de Nice et ses 45 alliées sont les seules de France à avoir fait le choix de la métropole. « Sans l'apport des nouvelles villes incluses dans la métropole, plus large, l'ancienne communauté urbaine Nice Côte d'Azur aurait eu un taux d'endettement de 83 %, avance David Huron qui a fait ses calculs. C'est plus en comparaison de l'endettement moyen de ce type d'intercommunalités, qui s'élevait en 2010 à 77, 7 %.» D'autres paramètres rentrent en compte. « Jusqu'à présent, c'est le conseil général qui avait, par exemple, pour mission d'investir dans les routes de l'arrière-pays. Pour ce faire, il a contracté des emprunts. Avec la création de la métropole, il y a eu un transfert de missions, et donc un transfert d'emprunts », conclut-il.