Le combat continue pour Latifa

Marie Veronesi

— 

Latifa Ibn Zatien s'est entretenue avec de jeunes Niçois et leurs parents.
Latifa Ibn Zatien s'est entretenue avec de jeunes Niçois et leurs parents. — M. VERONESI/ANP/20 MINUTES

De sa douleur, Latifa Ibn Zatien en a fait un combat. Celui de « sauver ceux qui sont à l'origine » de sa souffrance. Le 11 mars 2012, son fils Imad tombait sous les balles de Mohamed Merah. Depuis, cette mère endeuillée sillonne la France, ou plutôt les « quartiers », pour délivrer un message d'espoir, de courage et de paix.

Le rôle des parents


Mercredi, c'est aux Moulins, à Nice, où des barres d'immeubles entourent une petite place, qu'elle se trouvait. Dans un recoin, des jeunes écoutent de la musique. Juste à côté, des filles sont attablées au café. « Ça me fait mal au cœur. Tout est à portée de main. Mais, c'est une cité fermée ici, constate Latifa Ibn Zatien. Ces jeunes ont besoin de lumière. Si on les enferme, ils peuvent tourner mal, comme Merah. » « J'en ai marre de rester enfermé chez moi à regarder la télé », témoigne Waïl. « Je sais tout faire, mécano, cuisinier, mais quand j'envoie des CV, ils finissent à la poubelle », poursuit le jeune homme de 21 ans, sous le regard attentif de Latifa, qui martèle : « Il faut continuer. Ne surtout pas baisser les bras. » Et ne pas hésiter à demander de l'aide aux associations et aux organismes. Tout en sensibilisant les jeunes, Latifa veut aussi mettre les parents face à leurs responsabilités. A propos de son rôle de parent, Karima, mère de quatre enfants, l'affirme : « C'est un combat ». « C'est l'éducation», lui rétorque Latifa, qui rappelle que l'école est, à l'inverse là, pour instruire.

■ Une association pour la paix

Un mois après la mort de son fils, la Toulousaine a créé l'association Imad Ibn Ziaten pour la jeunesse et la paix. « A travers l'association, je vois grandir mon fils», a déclaré cette mère de confession musulmane, qui souhaite « mettre en place un dialogue interreligieux, prévenir les dérives sectaires et promouvoir la laïcité ».