Les sapeurs-pompiers voient sur leurs écrans les précipitations évoluer en direct.
Les sapeurs-pompiers voient sur leurs écrans les précipitations évoluer en direct. — J. C. MAGNENET/ANP/20 MINUTES

Nice

Les crues sous haute surveillance

TECHNOLOGIE Les sapeurs-pompiers azuréens sont capables d'anticiper le débit des cours d'eau

Depuis quelques mois, les sapeurs pompiers azuréens ont une boule de cristal. Ou presque. Le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis 06) peut en effet être alerté d'une crue deux heures avant même que le cours d'eau ne sorte de son lit. «A l'échelle d'un département, c'est un dispositif unique en France», avance Emmanuel Moreau. Responsable recherche et développement de la société Novimet, il fait partie de l'équipe qui a développé la plate-forme en ligne «Rainpol». «Un outil qui offre de multiples informations sur l'impact des précipitations, explique l'ingénieur, fruit d'un long partenariat avec le conseil général des Alpes-Maritimes. » Constatant que notre département était «mal couvert par les radars du réseau Météo France », la collectivité avait ainsi participé en 2007 au financement de la construction, sur le mont Viale, du radar Hydrix.

Modèle hydrométrique


«Nous obtenons grâce à lui des informations précises sur les précipitations à venir, que nous couplons avec un modèle hydrométrique qui estime le débit des cours d'eau », détaille Emmanuel Moreau. Les bassins versants de la Siagne, du Paillon et de la Roya sont ainsi sous haute surveillance. Concrètement, «lorsqu'une dépression arrive, Météo France nous alerte, raconte le commandant Christian Caumes. Nous pouvons ensuite voir sur la plate-forme» Rainpol «la densité de pluie dans les masses nuageuses, et installer le matériel spécifique aux interventions au bon endroit au bon moment, ou encore mettre des habitants menacés à l'abri. » A l'automne 2011, alors en phase de test, le dispositif avait ainsi déjà fait ses preuves : «Le G20 venait de se terminer à Cannes lorsque de grosses précipitations se sont concentrées à l'Ouest du département, se souvient le sergent-chef Laurent Martel. Nous avons donc redéployé autour de la vallée de la Siagne les groupes d'intervention et de sauvetage qui étaient basés à l'Est.» CQFD.