Les maraudes diurnesà plein régime

Fabien Binacchi

— 

Les maraudeurs assurent le suivi des consultations médicales, ici à l'hôpital de Cannes.
Les maraudeurs assurent le suivi des consultations médicales, ici à l'hôpital de Cannes. — F. BINACCHI / ANP / 20 MINUTES

Dans l'utilitaire qui grimpe vers l'hôpital de Cannes ce matin-là, les conversations vont bon train. Avec leurs « clients » du jour, comme ils les appellent, les maraudeurs vont aux nouvelles. « Le décès d'un sans abri d'origine polonaise (le 16 janvier) les a beaucoup affectés. Alors on en profite pour voir si tout le monde va bien », explique Christophe Visentin. Depuis maintenant un an, le fondateur du Samu social cannois dispense aussi un service de jour pour assurer un suivi médical et administratif de la centaine de personnes qui dorment dans les rues de la cité des festivals. Et il ne chôme pas. En douze mois, l'association, dont les trois salariés tournent en journée, est déjà intervenue 1 221 fois sur le terrain. A 200 reprises pour les épauler dans la paperasserie, mais surtout plus de 700 fois pour un transfert vers l'hôpital.

Bobologie et psychiatrie


Arrivés sur place, c'est une bonne douche, puis direction les salles d'examen. « Avec beaucoup de bobologie, explique Jacky Chailan, agent de maraude. Et souvent des blessures issues de bagarres qu'il faut soigner et faire cicatriser. »

On change les pansements, on vérifie les plaies… « Puis il y a des consultations en psychiatrie. A nous de gérer les rendez-vous », poursuit Christohe Visentin. Et la plupart du temps, tout se déroule sans accrocs. « Ils sont sympas avec nous, confie Nicolas, 41 ans. Avec ce Samu de jour, on arrive à se débrouiller… »

■ Un camion médical tout équipé

Christophe Visentin travaille dessus depuis longtemps. Et ça y est, son camion médical va pouvoir commencer ses tournées. « Nous y avons installé un siège de dentiste, une salle d'examen et même une salle d'attente », dit-il. L'hôpital ambulant viendra à la rencontre des sans abri les vendredis soirs, dès la première quinzaine de février.