Un séisme venu d'Italie fait frissonner le département Clap de fin pour AnsaldoBreda

Fabien BInacchi

— 

CEA/DAM

Il était 11 h 20 ce mercredi lorsque la secousse, partie de l'autre côté de la frontière, est venue faire frissonner le département. « Petit tremblement de terre sur Nice, pendant une vingtaine de secondes... Ça fait drôle de sentir le plancher bouger et le tout se balancer », réagissait Stéphane, sur Facebook, quelques minutes après le séisme.

Perçu jusqu'à Marseille
« L'épicentre est situé à proximité de la commune italienne de Savigliano [dans la province de Cunéo, au sud-ouest du Piémont] à 30 kilomètres de la frontière française. On est ici au front de la chaîne alpine, dans une zone de compression, relève Jérôme Vergne, expert au Bureau central sismologique français (BCSF). Il s'agit d'un séisme d'une magnitude modérée de 4,2, mais bien ressenti dans un rayon d'au moins 100 kilomètres. » Assez intense pour être perçu, notamment à des étages élevés, jusqu'à Marseille, mais trop peu pour souffler avec lui un vrai vent de panique, ou provoquer des dégâts. « Nous n'avons reçu aucun appel concernant la secousse », indiquait-on ce mercredi du côté du centre opérationnel d'incendie et de secours 06.
Le 26 février dernier, un séisme de 4,8, dont l'épicentre se situait à proximité de Barcelonnette, dans les Alpes de Haute-Provence, touchait déjà la zone. « Les Azuréens ont pu avoir une impression de série ces derniers temps, mais statistiquement, il n'y a pas d'augmentation de l'activité sismique, dans l'extrême Sud-Est », précise Jérôme Vergne. Depuis 1970, le BCSF y a enregistré quelque 35 séismes dépassant la magnitude 4.« On est allés au bout des choses, on a tout tenté », souffle Alain Collet. De retour de Paris, où il participait avec deux autres ex-salariés d'AnsaldoBreda « au rendez-vous de la dernière chance », le Cannois le confirme : « Notre idée de reprendre l'entreprise [liquidée en mars dernier] en société coopérative ne pourra pas aller plus loin. » Le collectif d'anciens employés espérait pouvoir obtenir du directeur de cabinet du président de la SNCF une promesse de commande qui aurait pu relancer l'activité. « Ça n'a abouti à rien. Il nous a été dit que des chantiers pourraient peut-être nous être proposés, notamment pour des opérations de démantèlement ferroviaire, mais pas dans l'immédiat, pousuit Alain Collet. Dans tous les cas, ce sera trop tard. » Tout l'outillage du site doit être mis en vente aux enchères, ce jeudi. Et les 115 anciens salariés ont donc maintenant à tourner la page.F. B.

témoigner en ligne

Si vous avez ressenti le séisme, vous pouvez témoigner sur le site www.franceseisme.fr. Votre témoignage permettra au BCSF d'obtenir « des informations sur la répartition géographique [des séismes] pour une meilleure estimation des risques ».