« Comme un cauchemar éveillé »

Guillaume frouin

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Jérémie Bellanger et Fannie Blancho passaient une année sabbatique en Amérique du sud.
Jérémie Bellanger et Fannie Blancho passaient une année sabbatique en Amérique du sud. — DR

Il y a deux ans, Jérémie Bellanger et Fannie Blancho disparaissaient à Guayaramerín (Bolivie), après une soirée en discothèque. Depuis, ce jeune couple de Nort-sur-Erdre – qui passait une année sabbatique en Amérique du sud – n'a plus donné signe de vie. Confié la nuit des faits à leur logeuse, le fils de Fannie – âgé à l'époque de 3 ans – a lui été rapatrié. Et quatre personnes sont accusées de « viol aggravé » et « assassinat ». Une « audience conclusive » de la justice bolivienne, le 5 septembre, devrait ouvrir la voie à leur probable procès. Si celle-ci n'est pas renvoyée, les parents de Jérémie pourront alors plier bagage. Depuis les faits, Patrick Bellanger et Cécile Blanloeil vivent en effet sur place, dans un hôtel local, pour ne pas lâcher les enquêteurs boliviens d'une semelle. Ils n'ont également cessé d'alerter les médias, pour que l'affaire ne soit pas étouffée.

Un procès sous six mois ?
« On a hâte de rentrer en France : l'atmosphère de cette ville, où ont péri notre fils et sa compagne, nous pèse lourdement », confie Patrick Bellanger. Rumeurs et menaces empoisonnent aussi leur quotidien. « L'un des prévenus fait partie d'un gang local, et le père du principal accusé a menacé de mettre la procureure six pieds sous terre », rapporte le père de Jérémie. La magistrate a en effet évoqué l'existence d'un « témoin visuel » des faits, alors que les co-prévenus clament leur innocence.
Après l'audience conclusive, Patrick Bellanger et Cécile Blanloeil ne reviendront en Bolivie que pour le procès des agresseurs présumés de leur fils, qui pourrait avoir lieu d'ici six mois. « On va pouvoir commencer à faire notre deuil : jusque-là, il était occulté par notre recherche de la vérité », poursuit le père de Jérémie, qui a « un peu l'impression de vivre dans un cauchemar éveillé » depuis deux ans. « En tant que parents, on avait toujours l'espoir de retrouver nos enfants vivants… Mais, depuis ce témoignage, on ne se fait plus trop d'illusions. C'est très dur. »