Ce baccharis ne manque pas de sel

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Le processus d'envahissement est classique. Importé d'Amérique du Nord dès la fin du xviie siècle comme ornements, l'arbuste baccharis, réputé pour sa grande résistance au vent et aux embruns, a ensuite lentement colonisé les milieux naturels environnants. Mais depuis dix ans, son développement s'est grandement accéléré. Parmi les sites victimes de cette propagation, les marais salants de Guérande.

« Le baccharis forme des fourrés très denses de plus de quatre mètres de hauteur et il empêche d'autres plantes, comme les orchidées, de se développer normalement, en les privant de lumière et de ressources », explique Jérôme Eonnet, technicien de la communauté d'agglomération de la presqu'île guérandaise (Cap Atlantique). La saliculture souffre aussi de la présence de cette espèce. Les haies de baccharis freinent les vents qui participent à l'évaporation de l'eau dans les marais. Les arbustes prennent même parfois racine dans le fond des bassins des paludiers. Enfin, si la récolte est tardive, les fruits très volatils du baccharis peuvent se retrouver dans le sel et nuire ainsi à sa qualité.

Depuis 1999, Cap Atlantique a donc dressé un inventaire des sites touchés sur sa zone et cherché le meilleur moyen pour venir à bout du baccharis. Un plan de lutte sur trois ans a finalement été adopté l'an passé. « Nous avons procédé à des coupes d'arbustes, puis nous avons dévitalisé les souches en appliquant au pinceau du sulfamate d'ammonium », détaille Jérôme Eonnet. Il est trop tôt pour dire si c'est efficace, mais « les résultats obtenus lors de tests préalables étaient satisfaisants à 90 % ».

Jérôme Jolivet

Le baccharis a des pieds mâles et des pieds femelles. Ces derniers peuvent porter jusqu'à un million de graines d'une longévité de cinq ans. La dissémination du pollen par le vent facilite la colonisation.