Ibis descendus à l'hôtel Atlantique

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Une touche d'exotisme en Loire-Atlantique. La population d'ibis sacrés, originaires d'Afrique, ne cesse de croître dans le département. Les premiers couples s'étaient échappés du parc animalier de Branféré (Morbihan), dans lequel ils avaient été introduits en 1976. « Un comptage a été organisé cet hiver en Vendée et en Loire-Atlantique, explique Willy Raitière, de la Ligue de protection des oiseaux (LPO 44). On estime maintenant leur nombre à 2 500, les plus importantes colonies se situant dans les marais salants de Guérande, sur le banc de Bliho dans l'estuaire de la Loire, et sur le lac de Grand-Lieu, où ils nichent. »

Si les échassiers au long bec courbé n'hésitent pas à se nourrir dans les décharges publiques, ils se régalent aussi de certaines espèces locales. « On nous a déjà rapporté des cas de prédation sur des sternes de Dougall et des guifettes en Brière, qui vivent là dans leur habitat traditionnel et font partie du patrimoine régional, poursuit Willy Raitière. Les ibis mangent les oeufs et les poussins. »

La biodiversité étant menacée, le ministère de l'Ecologie et du Développement durable a commandé l'an passé un rapport à l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, ainsi qu'à l'Inra. Il doit désormais choisir la classification de cette espèce, qui n'est pas encore répertoriée en France : chassable, nuisible ou protégée.

De son côté, la LPO préconise « de suivre l'évolution de sa population et éventuellement de prendre des mesures de stérilisation afin de limiter ses effectifs ». D'autres ornithologues préféreraient l'éradiquer, par mesure de précaution.

Jérôme Jolivet

Dans l'Egypte antique, l'ibis sacré était l'emblème du dieu Thot, représentant l'éloquence et le savoir. Il gardait les temples et faisait l'objet d'un culte fervent. Des ibis sacrés momifiés ont été retrouvés dans les sépultures des pharaons.