"1,30 euros, ce n'est pas exorbitant"

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Interview intégrale d'Alain Boeswillwald, directeur général de la Semitan, sur la hausse du prix du ticket

Le prix du ticket à l’unité, qui n’avait pas bougé depuis 1997, passe demain de 1,20 à 1,30 euros. Quelles retombées financières pouvez-vous espérer ?

L’impact est moins significatif  que par le passé. En 2005, sur 100 millions de voyages en bus ou en tram, seul 1,7 million ont été faits avec un ticket unitaire. On va y gagner 200 000 euros tout au plus, à comparer avec nos 42 millions de recettes.

Le symbole est fort, pourtant, car il touche au portefeuille…

Complètement. Ce prix est une mesure-étalon entre les différents réseaux de transports collectifs français. A 1,30 g, le nôtre n’est pas exorbitant, nous sommes dans la moyenne nationale. A Marseille, le ticket coûte 1,70 euros. Par ailleurs, par rapport à l’inflation (+16%), nos prix (en hausse de +8%) ont relativement baissé en neuf ans.

Pourquoi ne pas avoir augmenté les prix avant ?

Depuis le passage à l’euro, on ne pouvait augmenter
que par tranches de 10 centimes. Car les distributeurs
automatiques n’acceptent pas les pièces « rouges », qui compliquent en plus le rendu de monnaie des chauffeurs. Par ailleurs, en figeant le prix du ticket à l’unité, on aurait mis en péril notre politique d’abonnements.

A noter que le ticket à l’unité n’est pas le seul à augmenter…

Oui, les abonnements aussi augmentent, mais de manière moins forte. Au même niveau que l’inflation, en fait.

Cet été, le Navibus rencontre un succès inattendu. Il fait même office pour certains de «croisière pas chère» sur l’Erdre…

On le voit bien au terminus de la Jonelière : la clientèle « découverte-loisirs » ne descend pas. Tous veulent faire le retour en bateau ! Avec un passage toutes les 1h15 et la vitesse limitée, il est vrai que cette ligne ne correspond pas à un service de desserte urbaine classique.

Pour cela, il faut que le Navibus desserve la gare sud. A quel horizon peut-on l’espérer ?

Nous attendons toujours l’autorisation administrative d’exploiter le tunnel Saint-Félix, qui passe sous la rue de Sully et la rue Henri-IV. Le feu vert devrait arriver cet été, on l’attend incessamment sous peu. Dès que nous l’aurons, la liaison sera mise en service sous huit à dix jours : la station Gare-sud est prête à accueillir les voyageurs, le Jules-Verne a été construit aux dimensions du tunnel et les problèmes d’éclairage et de traitement des berges ont été résolus.

Qu’attendez-vous de cette extension ?

De 80.000 voyageurs par an, on pourra passer à 100.000. Les étudiants, en particulier, pourront désormais relier directement la gare SNCF au campus universitaire, au lieu de prendre actuellement la ligne 1, de changer à Commerce pour prendre la ligne 2. Des lignes qui sont saturées le matin et le soir aux heures de pointe.

Comment allez-vous remédier à cette saturation du tram ?

On a remplacé par un tramway les renforts bus qui faisaient la navette entre la gare et la place du Commerce aux heures de pointe : les travaux leur avaient fait perdre leur efficacité. Nantes métropole nous a aussi demandé d’ajouter à la rentrée trois tramways entre Gare-maritime et Hôpital-Bellier. C’est le tronçon le plus saturé du réseau.

Recueilli par Guillaume Frouin