Le CESR se rebelle contre Auxiette

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Son avis n'est que consultatif, mais il fait du bruit. Le conseil économique et social régional (CESR) – qui regroupe patronat, syndicats et associations – s'est prononcé contre le budget supplémentaire de 162 millions d'euros, qui doit être voté aujourd'hui et demain par les conseillers régionaux. Au coeur du clash, la suspension des aides régionales pour les entreprises qui recrutent des contrats nouvelle embauche (CNE). Défendue par la majorité socialiste, l'idée a été rejetée par l'ensemble du collège patronal du CESR, tandis que les syndicats n'ont pas pris part au vote. « C'est une première en France. Aucun conseil économique et social régional ne s'étant prononcé sur le sujet », souligne Alain Mustière, président d'un CESR en « colère ». L'institution « avait déjà émis des réserves sur certains dossiers par le passé, mais n'avait pas rejeté un budget depuis plus de vingt ans ». « On va maintenant voir si les élus nous suivent. Selon moi, on ne peut pas consulter la société civile puis s'asseoir sur son avis.»

« Les élus sont libres de ne pas en tenir compte», a rétorqué hier le président (PS) du conseil régional Jacques Auxiette. « Moi, je ne prends pas mes ordres auprès du Medef, d'une partie de l'UMP ou de certains députés villiéristes. »

Guillaume Frouin

A l'ordre du jour de la session, figure aussi le financement de nouveaux tarifs TER pour les 15-25 ans et l'achat de dix nouveaux trains à double étage.