Les paquebots boudent Nantes

Frédéric Brenon

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Avant de partir vers Honfleur, le Bremen était amarré jeudi quai Wilson.
Avant de partir vers Honfleur, le Bremen était amarré jeudi quai Wilson. — L. Failler / 20 Minutes

Il est le premier paquebot de croisière a s'être arrêté dans la cité des ducs cette année. Après 24 heures d'escale, le Bremen a quitté l'île de Nantes jeudi soir, avec 160 touristes allemands à son bord. Le prochain ne viendra qu'à l'automne, le suivant en décembre. En 2009, six paquebots avaient fait escale, quatre en 2010, idem l'an passé. Maigre bilan à l'heure où Nantes aspire à devenir une destination touristique de premier plan. En comparaison, Bordeaux recevra 38 paquebots cette année et Le Havre près de 110.

Contraintes et attractivité
Ce trafic morose s'expliquerait principalement par de lourdes contraintes techniques. « La profondeur de la Loire et la largeur de la zone d'évitage ne permettent d'accueillir que des paquebots de moins de 180 m. Nous sommes privés des plus gros paquebots, qui représentent 70 % du marché européen. S'ajoute à cela la remontée de la Loire, longue et compliquée, qui n'encourage pas les armateurs », explique Laurence Paitel, responsable croisières au port. « Le site du quai Wilson, éloigné du centre-ville, n'est pas non plus idéal », regrette aussi Olivier de Boüard, président de l'association Accueil des paquebots.
Les partisans d'un fleuve plus animé réclament donc la construction d'un terminal de croisière ou un transfert quai de l'Aiguillon, devant la CCI. « Ça ne résoudra pas le problème des fonds, nuance Laurence Paitel. Approfondir un chenal, draguer, ça coûte très très cher. Et c'est écologiquement contestable. » L'attractivité de la ville pourra-elle alors suffire à convaincre les armateurs? « Le milieu de la croisière est à la recherche de valeurs sûres et il y a de la concurrence, estime-t-on au Voyage à Nantes. Mais nous avons des atouts à développer. Notamment celui d'être une porte d'entrée sur les châteaux de la Loire. »