Dix ans après, qui respecte la loi SRU?

Frédéric Brenon

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Il avait été créé pour réduire la fracture sociale face à l'habitat. Dix ans après son entrée en application, l'article 55 de la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU), qui impose un minimum de 20 % de logements sociaux aux communes de plus de 3500 habitants comprises dans une agglomération, est encore loin d'avoir atteint son objectif en Loire-Atlantique. Sur les 36 villes sujettes à la loi, seules quatre, les même qu'en 2002, atteignent les fameux 20 % : Saint-Herblain, Saint-Nazaire, Nantes et Montoir. Bouguenais ou Rezé s'en approchent. A l'inverse, dix-neuf communes pointent encore sous les 10 %.

Efforts et prise de conscience
« Parfois, en Presqu'île guérandaise en particulier, il y a clairement un manque de volonté politique. Les maires traînent les pieds », vilipende Gilles Retière, premier vice-président de Nantes métropole (PS). « Si la commune n'a pas fait de réserve foncière, ça peut être difficile de progresser, concède Marcel Leclerc, adjoint au maire de Montoir (PS). Mais certaines pourraient faire beaucoup plus d'efforts, c'est irritant. »
Pour la majorité des communes toutefois, élus et bailleurs s'accordent à dire qu'une « prise de conscience » a eu lieu. De gros retardataires comme Saint-Sébastien, Vertou ou Le Croisic s'activent. D'autres comme Carquefou, Basse-Goulaine, Le Pellerin ou Saint-Jean-de-Boiseau ont gagné jusqu'à 4 points. Les Sorinières et Thouaré ont même doublé leur taux! « C'est un vrai sujet de préoccupation, on fait notre maximum pour rattraper notre retard. Mais il faudra encore du temps », confirme-t-on à la mairie de Bouaye (PS). «Les enjeux semblent enfin être compris, le logement social est moins stigmatisé, se félicite Gilles Retière. La contrainte de la loi fait du bien aussi. En 2008, des maires se sont fait taper sur les doigts par le préfet, ça a marqué les esprits. Je suis favorable à un renforcement des sanctions. »

Un an et demi d'attente en moyenne

Plus de 65% des ménages de Loire-Atlantique sont éligibles à l'obtention d'un logement social. Le nombre de locataires est estimé à 152 000, dont 105 000 rien qu'à Nantes métropole. Le délai d'attente moyen pour l'attribution d'un logement est de 16,8 mois, contre 20 mois il y a 4 ans.